GP du Mexique : un ou deux arrêts, quelles stratégies pour la course ?

1 novembre 2026 à 15:18
Le pilote Audi Gabriel Bortoleto sur le circuit de Mexico
© Pirelli F1 Media

Un ou deux arrêts : Pirelli ne dégage pas de stratégie nettement favorite pour le Grand Prix du Mexique ce dimanche. Après les qualifications disputées samedi, le manufacturier estime que plusieurs combinaisons de pneus mediums et tendres peuvent aboutir à un temps de course très proche. Le trafic à la sortie des stands pourrait faire la différence en course.

La gestion de la course ne se résumera donc pas à choisir le composé le plus rapide. Selon Dario Marrafuschi, directeur de Pirelli Motorsport, les caractéristiques de chaque monoplace, les niveaux d’appui retenus et la position dans le peloton détermineront l’intérêt de chaque scénario.

« Nous abordons le Grand Prix de Mexico avec des perspectives stratégiques très ouvertes. Sur le papier, une course à un arrêt comme à deux arrêts constitue une option compétitive, plusieurs combinaisons de pneus mediums et tendres pouvant produire un temps de course global très similaire. » explique-t-il.

Un arrêt : partir en mediums et terminer en tendres

La première option mise en avant par Pirelli consiste à prendre le départ avec les pneus mediums, puis à passer aux tendres entre les 35e et 41e tours. Ce second train serait alors conservé jusqu’au drapeau à damier, au terme des 71 tours prévus.

Cette fenêtre permettrait de répartir la distance entre un premier relais plus long en mediums et une dernière partie de course en tendres. Elle reste une estimation : chaque équipe devra adapter son arrêt à la dégradation réelle et à la situation en piste.

« De nombreuses équipes pourraient choisir de partir en mediums et de passer aux tendres entre les tours 35 et 41, pour les conserver jusqu’à l’arrivée. Dans ce scénario, la gestion des pneus restera un facteur important malgré des niveaux de dégradation relativement faibles. » précise Marrafuschi.

L’économie d’un passage supplémentaire aux stands représente l’intérêt de cette approche. Elle implique toutefois de préserver suffisamment les pneus pour maintenir un rythme compétitif jusqu’au bout de chaque relais.

Deux arrêts : tendre, medium, puis tendre

L’autre stratégie principale prévoit un départ en tendres, un relais intermédiaire en mediums puis un retour aux tendres pour terminer. Il est toutefois bon de noter que Pirelli ne donne pas de fenêtres de tours pour les deux changements.

« Selon nos simulations, il n’existe pas de différence significative de temps de course total entre ces deux options. » indique le directeur de Pirelli Motorsport.

Le scénario à deux arrêts dépendra particulièrement de la capacité à exploiter les pneus après chaque passage aux stands. Ressortir derrière plusieurs voitures pourrait réduire le bénéfice attendu du changement de gommes. À l’inverse, une piste dégagée permettrait de mieux utiliser leur potentiel.

« Les équipes qui choisissent deux arrêts devront évaluer avec soin l’effet du trafic, car le nombre de voitures qu’elles pourraient devoir dépasser après chaque arrêt pourrait se révéler décisif. »

Le pneu dur en retrait, une neutralisation peut changer les plans

Le composé dur, le C3, n’apparaît pas comme une solution aussi compétitive que les principales combinaisons medium-tendre. Pirelli ne l’écarte cependant pas de tous les scénarios.

Une neutralisation en début de course pourrait modifier l’intérêt des différentes options et permettre aux équipes d’envisager de rallier l’arrivée avec le C3, ou de réorienter leur course vers deux arrêts. Il ne s’agit donc pas d’un choix privilégié dans les simulations de référence, mais d’une possibilité à conserver selon le déroulement du Grand Prix.

Cette incertitude renforce l’importance de la position en piste : les décisions prises depuis le muret devront tenir compte à la fois du coût d’un arrêt, de la distance restante et du trafic rencontré à la sortie des stands.

Des pneus en bon état et un circuit toujours en évolution

Les observations du samedi ont apporté des éléments rassurants sur le comportement des gommes. Par rapport au vendredi, Pirelli n’a pas relevé d’abrasion ni de graining significatifs, et plusieurs longs relais se sont achevés avec des pneus encore en très bon état.

« Du point de vue du comportement des pneus, nous n’avons pas observé d’abrasion ni de graining significatifs par rapport à hier, et plusieurs longs relais ont montré que les pneus restaient en très bon état. » souligne Marrafuschi.

Le manufacturier relève également une évolution sensible de la piste pendant les qualifications : lors de la première phase, les pilotes effectuaient un tour de préparation supplémentaire avant leur tentative rapide ; dans la dernière, ils attaquaient directement leur tour décisif. Une illustration du travail nécessaire pour adapter la préparation des pneus aux conditions du moment.

Après des qualifications dominées par Lewis Hamilton devant George Russell, aucune des deux stratégies principales ne garantit donc un avantage à elle seule. Le choix dépendra surtout de la manière dont chaque monoplace pourra tenir ses relais et retrouver une piste dégagée après son arrêt.

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Journaliste spécialisé en Formule 1 depuis 2014, j’ai couvert de nombreux Grands Prix et suivi l’actualité du paddock au plus près. J'écris désormais pour La Gazette F1 avec une priorité : proposer une information fiable, vérifiée et sourcée.

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