Pour ce troisième week-end consécutif de Formule 1, direction Singapour pour une course nocturne sur un tracé urbain qui mettra les organismes et les freins à rude épreuve.
D’après les données fournies par les ingénieurs de Brembo, équipementier en systèmes de freinage de la F1, le Marina Bay Street Circuit atteint le niveau de sollicitation des freins le plus élevé du championnat. Sur les 4 940 mètres du tracé, les pilotes freinent à 11 reprises par tour, pour un total d’environ 21,6 secondes. Cela représente 24 % du temps passé en piste, soit la proportion la plus élevée de la saison.
Sur une course de 62 tours, disputée dans des conditions de chaleur et d’humidité particulièrement éprouvantes, les freins n’ont presque jamais le temps de souffler.
Six freinages sont classés comme difficiles, mais c’est au premier virage, le virage Benjamin Sheares, que les chiffres sont les plus impressionnants :
- Les monoplaces y arrivent à 298 km/h et en ressortent à 144 km/h, soit une perte de vitesse de 154 km/h.
- Le freinage dure 1,9 seconde et s’étend sur seulement 107 mètres.
- La décélération atteint 4 g, avec une force de 110 kilos exercée sur la pédale par le pilote.
Le virage 14 n’est pas en reste : c’est celui où les pilotes arrivent le plus vite, à 304 km/h, avant de ralentir à 119 km/h. La décélération s’effectue sur 128 mètres en 2,48 secondes, ce qui en fait un freinage un peu plus progressif que celui du virage 1, mais tout aussi exigeant.
Les F1 de 2026 ménagent un peu les freins
La nouvelle réglementation 2026 a un effet visible sur ces chiffres. Au virage 7 (Memorial Corner), par exemple, les pilotes subissaient 4,9 g l’an dernier et exerçaient une force de 151 kg sur la pédale de frein. Cette année, on attend 3,8 g et 107 kg. En contrepartie, la distance de freinage passe de 96 à 117 mètres, et sa durée de 1,90 à 2,15 secondes. Les monoplaces 2026 sollicitent donc moins brutalement les freins, mais les phases de décélération sont plus longues.
Ces changements s’expliquent notamment par deux facteurs :
- La réduction du poids minimal des monoplaces, pilote compris, passé de 800 à 768 kg cette saison. Plus légères, les voitures possèdent moins d’inertie et nécessitent donc moins d’effort pour ralentir.
- Le freinage régénératif, assuré par la partie électrique des groupes propulseurs, qui contribue davantage à la décélération tout en permettant de récupérer de l’énergie pour recharger la batterie.
Rappelons que l’an dernier, le pilote Ferrari Lewis Hamilton avait été victime d’un problème de freins dans les derniers tours et avait dû couper plusieurs virages, ce qui lui avait valu une pénalité de cinq secondes après l’arrivée. Ferrari avait reconnu après la course que ses deux pilotes souffraient d’une surchauffe des freins dès le deuxième tour.
Source des données : Brembo.





