Vowles s’en prend au cost cap en F1 : « Un championnat à deux vitesses »

3 octobre 2026 à 06:34
Le patron de Williams, James Vowles, dans la voie des stands
© Williams F1 media

Le patron de Williams, James Vowles, n’est pas convaincu par le cost cap, le plafond budgétaire annuel que doivent respecter les écuries de F1. Selon lui, cette disposition censée équilibrer le plateau a eu l’effet inverse : elle a creusé l’écart entre les top teams et les autres équipes.

Annoncé fin 2019 et en vigueur depuis 2021, le plafond budgétaire poursuivait trois objectifs : garantir la viabilité financière des écuries, instaurer une équité sportive et resserrer le peloton. James Vowles reconnaît que la mise en place du cost cap a eu un effet bénéfique sur la pérennité des écuries, mais qu’en contre partie les écarts se sont creusés.

« En réalité, lorsque nous avons mis en place le plafond budgétaire […] nous avions trois objectifs principaux. Nous voulions assurer la viabilité financière à long terme et, sur ce point, je pense que non seulement nous avons atteint notre objectif, mais que nous l’avons dépassé. Cette activité bénéficie désormais d’investissements solides qui lui permettent de continuer. Ce sont maintenant de vraies entreprises ; avant 2021, elles ne l’étaient pas. » a déclaré le patron de l’écurie Williams en conférence de presse au Grand Prix de Bahreïn.

« Les deux autres objectifs étaient l’équité sportive et, en pratique, le resserrement du peloton, c’est-à-dire une meilleure compétitivité entre les équipes. Ces deux objectifs ont échoué. »

« J’ai regardé des statistiques il y a environ un mois. Sur les quinze dernières années, si l’on compare les cinq années précédant le plafond budgétaire aux cinq années où il a été en vigueur, les quatre meilleures équipes marquent actuellement 83 % des points. Avant, elles en marquaient un peu plus de 70 %. »

« Autrement dit, la situation a empiré : les quatre meilleures restent les quatre meilleures, et toutes les autres se disputent environ 17 % des points. Avant, les équipes hors du top quatre montaient sur le podium environ 10 % du temps ; maintenant, c’est 5 %. Je pourrais donner bien d’autres chiffres, mais le plafond budgétaire a aggravé la situation au lieu de l’améliorer. » a ajouté le Britannique

« Nous avons un championnat à deux vitesses »

James Vowles, qui évolue en F1 depuis plus de 25 ans, a connu plusieurs physionomies d’écuries, avec notamment son passage chez Mercedes de 2010 à 2022 alors ultra dominante, pour être aujourd’hui à la tête de Williams Racing, 9ème force du plateau. C’est avec ce recul que le Britannique analyse les effets du cost cap : « Je suis sans doute dans une situation assez unique, et ce n’est pas un compliment, puisque je suis passé de la meilleure équipe à la pire. Je pense que c’est assez évident. Ce que je n’avais pas compris, avant de vivre cette transition, c’est à quel point il manque des choses. »

« Avec un plafond budgétaire, je ne dépense pas d’argent pour la voiture. Je dépense des millions, voire des dizaines de millions, simplement pour mettre en place des systèmes de base, par exemple, pour savoir où se trouve une pièce dans l’usine. »

« Cet argent ne va pas dans la voiture, ni dans un aileron avant, ni dans une évolution. Il sert à mettre en place les systèmes nécessaires pour assurer le fonctionnement le plus élémentaire. »

« Nous sommes donc pris au piège du plafond budgétaire. Si je fais quelque chose à court terme, et je parle souvent d’investir dans l’avenir, vous comprenez maintenant pourquoi , je freinerai mes progrès futurs. Je ne peux pas me le permettre. » a ajouté Vowles.

« Nous avons un championnat à deux vitesses. Ce n’est pas moi qui l’affirme : c’est ce que montrent les points aujourd’hui. Et je pense, c’est là-dessus que nous devons nous mettre d’accord en tant que sport, que ce n’est pas ce que nous voulons pour l’avenir. Si nous faisons du bon travail, nous devons pouvoir nous battre pour les premières places. »

« Même l’an dernier, qui a été une excellente saison, nous avons terminé à 238 points de la quatrième place, occupée par Ferrari. Ce n’est pas un petit écart : c’est un gouffre. Et nous ne sommes montés sur le podium que trois fois. »

Néanmoins, trouver une solution qui conviendrait à tout le monde reste compliqué : « Je pense qu’il nous faut une solution que tout le monde ici puisse comprendre : soit un mécanisme lié aux points au championnat, car cela donne une échelle de référence, soit un mécanisme lié à la position au championnat. Il faut un système simple qui nous permette, avec le temps, pas dès l’an prochain, de nous rapprocher les uns des autres. »

Une approche qui pourrait faire écho à ce qui est pratiqué aujourd’hui en soufflerie – comme l’a rappelé Fred Vasseur (Ferrari) pendant la conférence de presse – où les tops team bénéficient de moins de temps de travail que les écuries en queue de peloton, qui peuvent espérer ainsi développer plus rapidement la partie aérodynamique de leurs monoplaces.

Photo of author

Passionné de Formule 1 depuis l'adolescence, j'ai écrit pour des médias spécialisés pendant plusieurs années. Une expérience qui m'a permis de couvrir plusieurs Grands Prix sur place et de partager avec les lecteurs l'actualité de la F1, course après course.

Dans les news F1

PUBLICITÉ