Après deux Grands Prix difficiles en Azerbaïdjan et en Malaisie, Lando Norris reconnaît que McLaren n’a pas été au niveau attendu. Le Britannique pointe notamment un manque de vitesse persistant en ligne droite, dont l’équipe cherche encore à comprendre l’origine.
Il y a encore quelques semaines, McLaren semblait avoir retrouvé une dynamique encourageante. Grâce aux évolutions introduites au milieu de la saison, Lando Norris avait décroché trois pole positions et deux victoires en l’espace de quatre Grands Prix, entre Budapest, Zandvoort, Monza et Madrid.
Mais les deux dernières manches ont brutalement interrompu cette progression. À Bakou comme à Sepang, ni Norris ni son coéquipier Oscar Piastri ne sont montés sur le podium. En Malaisie, McLaren s’est notamment retrouvée derrière Red Bull, Mercedes et Ferrari en matière de performance pure.
Au-delà des résultats, c’est surtout un problème récurrent de vitesse de pointe qui préoccupe Lando Norris. Le champion du monde en titre estime que son équipe dispose encore d’une marge de progression importante pour retrouver son niveau de performance précédent.
Interrogé ce jeudi à Singapour sur les enseignements du Grand Prix de Malaisie, Norris a reconnu que McLaren avait identifié plusieurs domaines nécessitant des améliorations.
« Il y en a eu pas mal, aussi bien de mon côté que de celui de l’équipe. Evidemment, par rapport à ce qui s’est passé en course, mais aussi plus généralement concernant la voiture, ce que nous devons mieux faire et la manière dont nous pouvons retrouver le niveau que nous avions lors des courses précédentes, à Budapest, Zandvoort et Madrid. »
Le Britannique explique que les ingénieurs de McLaren ont beaucoup travaillé depuis Sepang pour tenter de comprendre les difficultés rencontrées.
« L’équipe a travaillé très dur, nous avons tous beaucoup travaillé pour comprendre ce que nous pouvions apprendre du week-end dernier, ce que nous pouvons et devons améliorer. Je n’ai pas besoin d’entrer dans les détails précis, mais il y avait pas mal de choses. »
Parmi les problèmes les plus évidents figure le manque de vitesse en ligne droite, qui affecte Norris depuis plusieurs courses.
« Il y avait des choses évidentes comme la vitesse en ligne droite et les problèmes que je rencontre avec la voiture, mais aussi des aspects plus techniques, comme la manière d’exploiter davantage le potentiel de la voiture pour retrouver les performances que nous avions auparavant. C’est une chose difficile à faire. »
Le pilote McLaren insiste notamment sur une situation frustrante : malgré de meilleures sorties de virage, il constate parfois qu’il perd ensuite du terrain sur ses adversaires dans les lignes droites.
« C’est toujours difficile quand on sort mieux des virages et qu’on finit par aller moins vite. Cela fait deux week-ends frustrants à essayer de comprendre quel est le problème et pourquoi nous manquons constamment de vitesse et de performance en ligne droite. »
Lando Norris ne précise toutefois pas la cause exacte de ce déficit de vitesse, et aucun élément dans ses déclarations ne permet de l’attribuer formellement au moteur Mercedes, à l’aérodynamique ou à un autre composant.
Ce manque de vitesse ne constitue pas seulement une difficulté ressentie au volant. Selon Norris, il a également eu des conséquences directes sur ses résultats en qualifications.
« Surtout dans le genre de bataille que nous menons à l’avant de la grille, lors des deux dernières qualifications, cela représentait une différence de deux ou trois positions, donc cela m’a coûté assez cher. »
Le Britannique reconnaît néanmoins qu’il ne peut pas attribuer toutes les difficultés rencontrées à sa monoplace : « En même temps, il y a évidemment des choses que je peux aussi mieux faire. » souligne-t-il.
McLaren doit donc travailler sur plusieurs fronts : comprendre les problèmes techniques qui limitent les performances de Lando Norris, mais également mieux exploiter le potentiel global de la MCL40.
Cette situation contraste avec les résultats obtenus quelques semaines auparavant, lorsque l’équipe britannique pouvait régulièrement se battre pour la pole position et la victoire.
Les caractéristiques de Sepang n’expliquent pas tout
Lando Norris reconnaît que les particularités du circuit de Sepang ont probablement contribué aux difficultés de McLaren. Mais il refuse de considérer la dernière course comme un simple accident lié au tracé.
« À Bakou, nous n’étions pas nécessairement très rapides non plus, donc je ne dirais pas que c’était seulement un problème propre à la Malaisie. »
Le Britannique souligne néanmoins que l’état du revêtement de Sepang (très abrasif) a pu jouer un rôle : « Il y a certainement certains aspects de la Malaisie, notamment la rugosité de l’asphalte, qui, selon nous, ont une influence. »
« Une partie est certainement liée au tracé, et les deux derniers circuits ne correspondaient pas autant à nos points forts que Madrid et certaines autres courses. Mais dans l’ensemble, nous avons tout de même été en dessous du niveau que nous devons et voulons atteindre. Nous devons donc faire mieux, quoi qu’il arrive. »
Singapour : un tracé peut-être plus favorable pour McLaren
Le Grand Prix de Singapour représente désormais une occasion de vérifier si les difficultés des dernières semaines sont en partie liées aux caractéristiques des circuits.
Norris – qui a déjà gagné à Singapour en 2024 – estime que le tracé urbain de Marina Bay pourrait être plus favorable à sa monoplace, notamment parce que les performances en ligne droite y jouent un rôle moins déterminant.
« C’est aussi un circuit où les lignes droites ne sont pas la priorité absolue, et où ce problème est moins pénalisant que lors des derniers week-ends. »
« Malgré tout, on veut toujours être aussi rapide que possible dans les lignes droites. » insiste-t-il.
« C’est une bonne chose pour nous de voir ce week-end si une partie des performances qui nous manquaient là-bas [Sepang] revient. Singapour est un circuit que j’apprécie et nous y avons été plutôt performants ces dernières années. »
Malgré le travail accompli par son équipe en quelques jours, le pilote McLaren se refuse à annoncer que les problèmes sont désormais résolus et préfère attendre les premiers tours de roue sur la piste ce vendredi pour évaluer les éventuels progrès.
« Nous devons d’abord mettre la voiture en piste et voir à quel point la situation s’est améliorée. je suis convaincu que l’équipe a fait du bon travail. Elle a consacré beaucoup d’efforts à essayer de comprendre les choses. »
« J’espère que cela ira mieux ce week-end, mais honnêtement, je dois d’abord prendre la piste pour le constater. »
L’équipe McLaren aborde le rendez-vous singapourien en troisième position du championnat des constructeurs avec 316 points, derrière Ferrari (405) et Mercedes (556. L’écurie britannique ne possède également que 18 points d’avance sur Red Bull, quatrième.





