Charles Leclerc a quitté Singapour avec un résultat encourageant mais un constat toujours aussi lucide sur la situation de Ferrari. Deuxième derrière Max Verstappen, le Monégasque a retrouvé le podium en Grand Prix pour la première fois depuis la Belgique, sans pour autant considérer que la Scuderia a totalement réduit l’écart avec ses principaux adversaires.
Le résultat récompense néanmoins un week-end solide pour Ferrari et pour Leclerc, déjà présent dans le top 3 lors du Sprint disputé samedi. Surtout, la course de dimanche a montré quelques signes de progrès après plusieurs rendez-vous au cours desquels l’écurie italienne avait semblé perdre du terrain.
Ce dimanche à Singapour, Leclerc a entrevu une première opportunité dès le départ. Parti deuxième, il est parvenu à se porter à hauteur de Verstappen avant que le Néerlandais ne ferme la porte au premier virage. Le pilote Ferrari a préféré renoncer à forcer le passage et s’est installé dans le sillage de la Red Bull.
Durant la première partie de course, Leclerc est resté suffisamment proche pour maintenir une certaine pression. Mais le rythme de la Ferrari s’est progressivement dégradé avec l’usure des pneumatiques.
« Nous étions assez performants au début de la course, puis nous avons commencé à davantage dégrader les pneus pendant le premier relais. » a expliqué Leclerc après l’arrivée.
Le Monégasque s’est arrêté à la fin du 14e tour et est ressorti de justesse devant son coéquipier Lewis Hamilton. Une intervention ultérieure de la voiture de sécurité virtuelle a ensuite donné à Ferrari l’occasion de tenter une stratégie différente entre ses deux pilotes.
Leclerc a chaussé des pneus plus frais et récupéré la deuxième position devant Hamilton, avant de se lancer à la poursuite de Verstappen.
À ce moment-là, la Scuderia Ferrari ne disposait visiblement pas du rythme nécessaire pour battre Red Bull à armes égales et a donc essayé de créer une opportunité stratégique.
« Nous avons adopté une stratégie légèrement différente de celle de Max avec la voiture de sécurité virtuelle. J’y ai cru jusqu’au bout. » a reconnu Leclerc.
Le choix n’a finalement pas suffi. En poussant fortement au début de son dernier relais pour réduire l’écart, le pilote Ferrari a de nouveau sollicité ses pneus et perdu progressivement de la performance.
Charles Leclerc a franchi la ligne d’arrivée à environ sept secondes de Max Verstappen.
« J’ai beaucoup attaqué au début du dernier relais et j’ai probablement davantage dégradé les pneus que les autres. J’ai tout donné et je ne regrette rien. »
Leclerc estime qu’il aurait difficilement pu obtenir davantage avec le matériel dont il disposait, même s’il reconnaît qu’une approche encore plus agressive au départ aurait éventuellement pu changer le scénario.
Un podium qui ne masque pas le déficit de Ferrari
Le résultat est positif, mais Leclerc refuse d’y voir la preuve que Ferrari a définitivement retrouvé le niveau de ses adversaires.
Interrogé sur les difficultés rencontrées par la Scuderia lors des dernières manches, Leclerc a confirmé qu’il estimait toujours Ferrari en retrait.
« Je le pense toujours. C’est vrai que nous avons apporté quelques petites nouveautés sur la voiture qui nous ont peut-être permis de franchir une nouvelle étape. »
« Ce n’est pas suffisant. Nous allons continuer à pousser jusqu’au bout et nous devons encore apporter de nouvelles choses sur la voiture pour être au niveau. »
Singapour apporte néanmoins quelques motifs de satisfaction à Ferrari. Leclerc estime que le rythme global de la monoplace était bon dans les rues de Singapour et le double résultat obtenu durant le week-end témoigne d’un certain regain de compétitivité.
Le podium intervient surtout après une période difficile pour le Monégasque, qui n’avait plus terminé parmi les trois premiers d’un Grand Prix depuis la dixième manche de la saison en Belgique.
Ferrari semble donc avoir retrouvé une partie de sa performance à Marina Bay, sans avoir totalement effacé son déficit face à Red Bull et aux autres équipes de pointe.
Pour Leclerc, l’objectif est clair : utiliser les dernières évolutions de la monoplace comme base de travail et poursuivre son développement jusqu’à la fin de la saison 2026. La deuxième place de Singapour représente un progrès, mais pas encore le niveau de performance que Ferrari estime nécessaire pour jouer régulièrement la victoire.





