Après la première victoire de Red Bull avec son propre moteur lors du Grand Prix de Bahreïn 2026 remporté par Max Verstappen, Ben Hodgkinson, directeur technique de Red Bull Powertrains, est revenu sur les nombreux doutes qui entouraient le projet au départ. Dans un entretien accordé à l’agence de presse Reuters, Hodgkinson raconte comment son équipe est parvenue à relever un défi que beaucoup jugeaient trop ambitieux.
Peu de personnes imaginaient Red Bull capable de rivaliser aussi rapidement avec des motoristes historiques comme Mercedes ou Ferrari. Pourtant, le 4 octobre, Max Verstappen a remporté le Grand Prix de Bahreïn, disputé sur le circuit de Sepang en Malaisie, offrant à l’écurie autrichienne sa première victoire avec un moteur développé en interne, en partenariat avec Ford. Une semaine plus tard à Singapour, le Néerlandais a de nouveau gagné sur un circuit pourtant bien différent.
Un succès historique obtenu dès la seizième course de la nouvelle réglementation moteur de 2026. Pour Ben Hodgkinson, cette victoire vient récompenser plusieurs années de travail, mais surtout une conviction que beaucoup ne partageaient pas au début du projet.
« Tellement de personnes ne pensaient pas que nous serions dans cette position : les autres équipes, les journalistes, et probablement même certains membres de nos familles estimaient que nous nous lancions dans quelque chose d’extrême. » confie-t-il à Reuters.
Un projet « typiquement Red Bull »
Contrairement à Mercedes ou Ferrari, Red Bull a dû construire son programme moteur pratiquement à partir de zéro. L’écurie a notamment développé de nouvelles installations à Milton Keynes et recruté des ingénieurs expérimentés chez ses concurrents pour mener à bien ce projet particulièrement complexe.
Un pari qui a régulièrement suscité le scepticisme dans le paddock. Encore en septembre, Günther Steiner, ancien directeur de l’écurie américaine Haas, déclarait ne pas imaginer Red Bull remporter une course cette saison.
Des critiques qui n’ont pas découragé Hodgkinson et ses équipes. Au contraire, le Britannique explique que ces doutes ont constitué une source de motivation supplémentaire.
« Ce projet avait quelque chose de typiquement Red Bull. » souligne-t-il, évoquant l’audace d’une marque de boissons énergisantes décidée à construire elle-même son moteur et son châssis en Formule 1.
Le directeur technique reconnaît toutefois que le développement n’a pas été un long fleuve tranquille.
« Il y a eu de nombreux moments où les choses ne semblaient pas très bien se passer. » admet-t-il.
Pour Hodgkinson, la réussite repose notamment sur l’état d’esprit de l’entreprise, capable selon lui de se lancer dans des projets particulièrement ambitieux pour démontrer que ses détracteurs ont tort.
Un moteur déjà considéré comme une référence
Au-delà des victoires de Max Verstappen, les performances du groupe propulseur Red Bull-Ford ont également attiré l’attention de la FIA. Dans le cadre de son évaluation réglementaire, la Fédération internationale de l’automobile a désigné le moteur thermique de Red Bull comme référence pour mesurer les performances de ses concurrents.
Une reconnaissance importante pour un constructeur qui découvre cette année la compétition avec sa propre motorisation.
Ben Hodgkinson tient néanmoins à relativiser cette réussite : « Nous avons gagné une course [deux juste après cette interview, ndlr]. Une sur seize. » a-t-il rappelé, conscient que Mercedes demeure largement dominante cette saison.
L’ingénieur insiste également sur l’importance du partenariat avec Ford, dont l’apport en personnel, en installations et en capacités de fabrication a été déterminant dans le développement du projet.
Malgré les progrès réalisés, Red Bull devra encore prouver sa capacité à rivaliser régulièrement avec les meilleurs. Mais pour Hodgkinson, cette première victoire constitue déjà une réponse aux nombreux sceptiques qui doutaient de la faisabilité du projet.
« Je suis extrêmement fier de ce que nous avons accompli. » conclut-t-il.





