Plus d’un an après son licenciement de Red Bull, Christian Horner revient sur les circonstances de son départ. L’ancien directeur de l’écurie autrichienne dénonce la brutalité de la décision, évoque les tensions internes et confie son amertume de ne pas avoir assisté aux premières victoires du moteur qu’il avait contribué à développer.
Quinze mois après son éviction de Red Bull, Christian Horner n’a toujours pas digéré la manière dont s’est achevée son aventure avec l’écurie autrichienne. Remplacé par le Français Laurent Mekies en juillet 2025, après vingt années à la tête de l’équipe, le Britannique est revenu sur les circonstances de son licenciement dans une longue interview au Guardian.
« Toutes les équipes n’agissent pas de cette façon. Beaucoup n’ont pas obtenu les résultats espérés au fil des années, mais on ne voit pas la même brutalité que lors de mon départ. » déplore Horner, qui rappelle que Max Verstappen avait décroché la pole position lors de la course précédant son éviction.
Christian Horner assure notamment n’avoir jamais reçu de justification claire de la part de la direction de Red Bull.
« Je pense qu’il y avait le sentiment que trop de pouvoir était concentré entre mes mains. Mais on ne m’a jamais vraiment donné de raison. » explique-t-il.
La disparition de Dietrich Mateschitz, un tournant chez Red Bull
Pour Christian Horner, les relations internes ont profondément évolué après la mort de Dietrich Mateschitz, cofondateur de Red Bull, en octobre 2022. L’homme d’affaires autrichien avait longtemps soutenu le Britannique, qui avait pris la direction de l’écurie dès son arrivée en Formule 1 en 2005.
« Après la mort de Dietrich, les choses ont changé au sein de la direction. » affirme Horner.
L’ancien patron de Red Bull exprime également sa déception envers Helmut Marko, conseiller historique de l’équipe, qui avait été accueilli par sa famille seulement deux jours avant son licenciement, sans évoquer la décision à venir.
En revanche, interrogé sur une éventuelle implication du clan Verstappen dans son départ, Horner écarte cette hypothèse : « Non, c’était une décision de Red Bull. »
Son départ demeure d’autant plus difficile à accepter que Red Bull vient de concrétiser l’un des projets majeurs de son mandat. Lancé en 2021, le programme Red Bull Powertrains, développé le soutien de Ford, a permis à l’écurie de remporter ses premières victoires avec sa propre motorisation en octobre 2026.
Max Verstappen s’est imposé en Malaisie, lors du Grand Prix de Bahreïn organisé à Sepang, avant de récidiver une semaine plus tard à Singapour. Deux succès que Horner a dû suivre depuis l’extérieur, non sans émotion.
« J’ai été particulièrement blessé et j’ai eu le sentiment d’avoir été privé de la possibilité de voir ce moteur gagner. » confie le Britannique.
Horner expliqua voir regardé la première victoire à la télévision, avant d’envoyer un message de félicitations à Max Verstappen. Un moment important pour celui qui avait défendu la création d’une structure de motorisation indépendante, malgré l’ampleur du défi technique et financier.
Cette réussite intervient alors que Red Bull fait désormais partie des références en matière de motorisation. L’évaluation de son moteur thermique par la FIA le place même parmi les plus performants, limitant ses possibilités de bénéficier des mécanismes réglementaires de développement accordés aux motoristes en difficulté.
Red Bull a changé
Si les résultats récents démontrent que Red Bull reste capable de gagner sous la direction de Laurent Mekies, Christian Horner porte un regard plus critique sur l’évolution de son ancienne équipe.
« Red Bull a toujours été l’équipe anticonformiste. Elle repoussait les limites. C’est un peu différent aujourd’hui. » estime Horner.
Horner de retour en F1 ?
Depuis quelques semaines, Christian Horner multiplie les déclarations dans différents médias, notamment pour la sortie de son autobiographie, Drive, à paraître le 22 octobre.
Certains y voient l’envie pour le Britannique de revenir en Formule 1, et le principal intéressé lui-même ne ferme pas la porte à un éventuel retour. Cependant, Horner, aujourd’hui âgé de 52 ans, ne souhaite pas reprendre n’importe quel poste.
Christian Horner privilégie une implication dans une équipe dont il pourrait également détenir une participation au capital.
« Je ne reviendrais jamais simplement pour faire de la figuration. » prévient-t-il.
Après 124 victoires en Grand Prix et quatorze titres mondiaux remportés avec Red Bull, Christian Horner reste donc attaché à la Formule 1. Mais alors que son ancienne écurie récolte désormais les fruits d’un projet qu’il avait contribué à lancer, le Britannique semble surtout déterminé à choisir lui-même les conditions de son éventuel retour.





