Après le succès du retour de la Formule 1 à Sepang en octobre 2026, la Malaisie étudie plusieurs scénarios pour retrouver durablement la Formule 1. Parmi les options envisagées figure une organisation en partenariat avec un autre pays, à intervalles de plusieurs années. Une possibilité encore au stade des discussions, alors que le gouvernement doit évaluer les coûts d’un éventuel retour.
La Malaisie n’a pas renoncé à retrouver une place dans le calendrier de la Formule 1. Le jeudi 15 octobre 2026, le ministre malaisien de la Jeunesse et des Sports, Mohammed Taufiq Johari, a confirmé devant le Parlement que le gouvernement examinait différentes possibilités pour organiser de nouvelles courses sur le circuit international de Sepang rapporte l’agence de presse Bernama.
L’une des pistes consiste à accueillir un Grand Prix en alternance, en collaboration avec un autre pays, plutôt que de s’engager dans une organisation annuelle.
Le ministre a toutefois précisé que cette proposition n’en était qu’à un stade préliminaire. Aucun pays partenaire n’a encore été annoncé et aucun accord n’a été conclu concernant un éventuel retour régulier de la Formule 1 en Malaisie.
Des premiers échanges avec la F1
Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, a déjà engagé des discussions préliminaires avec Stefano Domenicali, président-directeur général de la Formule 1, et les responsables du championnat.
Ces échanges témoignent de l’intérêt du pays pour un retour à Sepang, sans pour autant garantir sa concrétisation.
Avant d’aller plus loin, les autorités souhaitent connaître précisément les implications financières d’un tel projet. Un comité interministériel, piloté par le ministère de la Jeunesse et des Sports, a été chargé d’examiner les coûts d’organisation, les retombées économiques attendues et les besoins en infrastructures.
Le rapport d’évaluation devrait être achevé d’ici la fin du mois de novembre 2026, avant d’être soumis au gouvernement malaisien. Aucune date n’a cependant été annoncée pour une décision définitive.
Le succès du Grand Prix d’octobre ravive les ambitions
Le regain d’intérêt pour la Formule 1 intervient après son retour exceptionnel en Malaisie, du 2 au 4 octobre 2026.
Neuf ans après la dernière édition du Grand Prix de Malaisie, Sepang a de nouveau accueilli le championnat du monde, cette fois dans des circonstances particulières. En raison des tensions géopolitiques et du conflit au Moyen-Orient, le Grand Prix de Bahreïn a été organisé sur le circuit malaisien, tout en conservant son appellation officielle.
L’événement a rencontré un important succès populaire. Selon les chiffres communiqués par les organisateurs, quelque 261 000 entrées ont été comptabilisées sur l’ensemble des trois journées, dont environ 103 000 pour la journée de la course le dimanche.
Le ministère malaisien de la Jeunesse et des Sports a également fait état de plus de 97 000 billets vendus et de la venue de plus de 50 000 touristes internationaux à l’occasion de l’événement.
Sur le plan économique, les autorités estiment les retombées à près de 950 millions de ringgits malaisiens, sur la base des informations fournies par la FOM (Formula One Management).
Il s’agit toutefois d’une estimation de l’activité économique générée par le Grand Prix, et nos d’un bénéfice net pour l’état malaisien. Le bilan financier complet reste un élément déterminant pour apprécier l’intérêt d’un retour régulier au calendrier de la F1.
Un modèle économique encore à définir
Malgré l’enthousiasme suscité par cette édition 2026, le gouvernement ne souhaite pas tirer de conclusions hâtives.
Les conditions d’organisation du Grand Prix d’octobre étaient en effet particulières. Dans le cadre de la coopération entre Bahreïn et le circuit de Sepang, les droits d’accueil de l’épreuve ont été pris en charge par Bahreïn. Un avantage financier qui ne serait pas nécessairement reproduit lors d’un futur Grand Prix organisé directement par la Malaisie.
La question est donc de savoir si l’organisation d’une course annuelle pourrait générer des retombées suffisantes pour justifier les investissements nécessaires.
Le ministre Mohammed Taufiq Johari a notamment rappelé que l’organisation d’une épreuve de Formule 1 représentait des coûts importants. Il a également insisté sur la nécessité de préserver les budgets consacrés aux athlètes et au développement des autres disciplines sportives.
C’est dans ce contexte que l’hypothèse d’une collaboration avec un autre pays est étudiée. Une organisation moins fréquente pourrait constituer une alternative à un engagement annuel, même si les modalités économiques et pratiques de cette formule restent à déterminer.
Quel avenir pour la F1 à Sepang ?
Présent au calendrier de la F1 de 1999 à 2017, le circuit de Sepang conserve une place particulière dans l’histoire de la Formule 1. Son retour exceptionnel en octobre 2026 a démontré qu’il pouvait encore attirer un public important.
Mais cet engouement ne suffit pas, à lui seul, à garantir la viabilité financière d’un Grand Prix organisé régulièrement.
Les autorités malaisiennes devront désormais déterminer si les bénéfices économiques et touristiques attendus justifient les dépenses nécessaires, tout en évaluant les différentes formules de collaboration possibles.
À ce stade, le retour de la Malaisie au calendrier de la Formule 1 demeure donc une perspective, et non une décision actée. Les conclusions de l’étude gouvernementale attendues fin novembre devraient permettre d’y voir plus clair sur les intentions du pays et les conditions d’un éventuel retour à Sepang.





