Deux victoires consécutives, une Red Bull retrouvée et un circuit sur lequel il a souvent brillé. Max Verstappen aborde le Grand Prix des États-Unis 2026 dans sa meilleure dynamique depuis le début de saison. Face à Mercedes toujours dominante au championnat et à un Kimi Antonelli proche du titre mondial, le Néerlandais et son équipe entendent bien poursuivre leur série de victoires.
Il y a encore quelques semaines, imaginer Max Verstappen monter sur la plus haute marché du podium semblait difficile. En retrait pendant une grande partie de la saison, Red Bull avait longtemps peiné à suivre le rythme imposé par Mercedes et Ferrari. Mais la tendance s’est progressivement inversée, jusqu’à permettre au quadruple champion du monde de retrouver le chemin de la victoire.
Vainqueur du Grand Prix de Bahreïn, exceptionnellement organisé sur le circuit de Sepang en Malaisie, puis dominateur dans les rues de Singapour, Verstappen reste désormais sur deux succès consécutifs. À Marina Bay, il a même réalisé un week-end parfait sur le plan des résultats, avec la pole position du Sprint, celle du Grand Prix et les deux victoires. Pour sa 250e participation à une course de Formule 1, le pilote Red Bull a décroché sa 73e victoire, la première de sa carrière sur le circuit singapourien.
Un retour au premier plan qui tombe à point nommé avant le Grand Prix des États-Unis, organisé du 23 au 25 octobre 2026 sur le Circuit des Amériques, à Austin.
Comment Red Bull a réussi à inverser la tendance
La renaissance de Max Verstappen ne doit rien au hasard. Depuis plusieurs mois, Red Bull travaille pour combler le retard accumulé en début de saison, dans un championnat marqué par l’entrée en vigueur d’une nouvelle réglementation technique.
L’écurie autrichienne a notamment introduit plusieurs évolutions sur sa RB22, dont un important ensemble de nouveautés aérodynamiques à Bakou. Les modifications apportées au plancher et à la carrosserie ont participé à améliorer les performances d’une monoplace qui avait longtemps semblé incapable de rivaliser avec les meilleures.
En parallèle, le groupe propulseur Red Bull-Ford franchit lui aussi une étape importante. La victoire de Verstappen en Malaisie, obtenue dans des conditions météorologiques délicates, a offert à cette nouvelle motorisation son premier succès en Formule 1.
Deux semaines de compétition ont ainsi changé la perception de Red Bull. Après avoir remporté une course mouvementée à Sepang, Verstappen a confirmé une semaine plus tard à Singapour sur un tracé totalement différent. Parti en pole position, le Néerlandais a maîtrisé son Grand Prix pour s’imposer avec plus de sept secondes d’avance sur le pilote Ferrari Charles Leclerc.
Laurent Mekies, directeur de Red Bull Racing, a d’ailleurs souligné le rôle joué par Verstappen dans cette progression, notamment grâce à sa capacité à identifier les limites de sa monoplace et à orienter le travail des ingénieurs.
Reste désormais à savoir si ces performances peuvent se reproduire durablement. Car si Verstappen a retrouvé le chemin de la victoire, Red Bull n’a pas encore totalement résolu ses difficultés de fiabilité, comme l’ont montré les problèmes rencontrés par son coéquipier Isack Hadjar à Singapour, où le Français a notamment connu un problème de boîte de vitesses en qualifications et subi un abandon lors du Sprint.
Red Bull et Verstappen peuvent encore peser sur la fin de saison
Malgré ce retour spectaculaire, la situation au championnat constructeurs reste largement favorable à Mercedes. L’écurie allemande domine le classement des constructeurs avec 578 points avant le Grand Prix des États-Unis, devant Ferrari (444), McLaren (339) et Red Bull (332).
La bataille pour la troisième place devient toutefois particulièrement intéressante. Avec seulement sept points de retard sur McLaren, Red Bull possède une véritable occasion de gagner une position au championnat dans les dernières courses de la saison.
Chez les pilotes, Kimi Antonelli domine le classement avec 340 points, loin devant George Russell (238) et Lewis Hamilton (229). Max Verstappen occupe la quatrième place avec 221 unités.
Si l’écart de 119 points avec le leader italien rend ses ambitions de titre extrêmement limitées, le Néerlandais n’est qu’à huit points de Lewis Hamilton et 17 de George Russell. Une troisième victoire consécutive pourrait donc lui permettre de se rapprocher considérablement du podium du championnat.
Mais un autre enjeu plane sur le rendez-vous texan : Kimi Antonelli pourrait devenir champion du monde dès le Grand Prix des États-Unis, si les résultats de ses principaux adversaires lui sont favorables.
Verstappen pourrait ainsi jouer un rôle important dans le déroulement du week-end à Austin, même s’il n’est plus le principal rival d’Antonelli au classement. Une nouvelle victoire du pilote Red Bull priverait notamment l’Italien des 25 points attribués au vainqueur d’un Grand Prix.
Austin, l’un des circuits préférés de Max Verstappen
Pour poursuivre sur sa lancée, Max Verstappen retrouvera à Austin un terrain particulièrement favorable. Le Néerlandais s’est imposé à quatre reprises lors des cinq dernières éditions du Grand Prix des États-Unis, en 2021, 2022, 2023 et 2025.
Seul Charles Leclerc, vainqueur en 2024 avec Ferrari, est parvenu à interrompre cette série.
L’année dernière, Verstappen avait d’ailleurs réalisé un week-end remarquable à Austin. Vainqueur du Sprint, il avait ensuite remporté le Grand Prix devant Lando Norris et Charles Leclerc, confirmant une nouvelle fois son aisance sur le circuit texan.
Le Circuit des Amériques présente plusieurs caractéristiques qui pourraient mettre en valeur les qualités du pilote Red Bull. Son spectaculaire premier virage, situé au sommet d’une forte montée, impose un freinage particulièrement délicat. Les enchaînements rapides du premier secteur rappellent ensuite certains passages de Silverstone ou Suzuka, tandis que la longue ligne droite précédant le virage 12 favorise les attaques et les dépassements.
Long de 5,513 kilomètres, le tracé d’Austin exige un compromis délicat entre efficacité aérodynamique dans les courbes rapides, vitesse de pointe et motricité à la sortie des virages lents.
Autant de paramètres qui permettront de mesurer les progrès réels de la RB22. Après les conditions changeantes de Sepang et le tracé urbain de Singapour, Austin constituera un nouveau test pour une Red Bull qui veut prouver que son retour aux avant-postes ne se limite pas à certaines configurations de circuit.
Une fin de saison importante pour préparer 2027
Au-delà du résultat immédiat, les dernières courses de la saison 2026 doivent également permettre à Red Bull de préparer l’avenir.
Laurent Mekies a confirmé que l’écurie avait terminé son programme d’évolutions majeures pour cette saison. Les ressources techniques se concentrent désormais progressivement sur la monoplace de 2027, même si chaque Grand Prix reste une occasion de mieux comprendre le comportement de la monoplace actuelle.
Dans ce contexte, poursuivre la série de victoires représenterait bien davantage qu’une satisfaction personnelle pour Verstappen. Cela renforcerait la confiance autour du projet Red Bull-Ford, dont la première saison en Formule 1 a commencé dans la difficulté avant de connaître une nette progression.
Le renouvellement du contrat de Laurent Mekies jusqu’en 2031, annoncé quelques jours après les succès en Malaisie et à Singapour, témoigne également de la volonté de Red Bull de construire dans la durée.
Reste une question : Red Bull a-t-elle réellement retrouvé le niveau nécessaire pour se battre régulièrement avec Mercedes, ou profite-t-elle simplement d’une période favorable ?
Le Grand Prix des États-Unis devrait apporter de nouveaux éléments de réponse ce week-end. Avec deux victoires consécutives et quatre succès déjà acquis à Austin dans le passé, Max Verstappen et Red Bull possèdent de sérieux arguments pour viser la passe de trois au Texas.





