Daniel Ricciardo raconte sa sortie de la F1 : de l’humiliation à la fierté

29 octobre 2026 à 16:23
Daniel Ricciardo à Singapour en 2024 lors de sa dernière course en Formule 1
© Getty Images/Red Bull Content Pool

Daniel Ricciardo revient sur les mois difficiles qui ont suivi son départ de la Formule 1 après le Grand Prix de Singapour 2024. Dans le podcast Beyond The Grid, l’Australien décrit le sentiment d’échec qui l’a d’abord envahi, avant de retrouver un regard plus apaisé sur une carrière marquée par huit victoires.

Le sourire affiché en public ne racontait pas toute l’histoire. Écarté de son baquet chez Racing Bulls au profit de Liam Lawson avant la fin de la saison 2024, Daniel Ricciardo explique avoir vécu cette rupture comme une remise en cause personnelle. Dans un entretien au podcast officiel de la F1, l’Australien natif de Perth distingue désormais la douleur de cette fin de parcours et la valeur de ce qu’il a accompli en piste.

Une fin de carrière vécue comme un échec

Daniel Ricciardo rattache d’abord cette réaction à l’exigence forgée depuis ses débuts en compétition. La détermination nécessaire pour atteindre la F1 peut aussi se retourner contre le pilote lorsque les résultats ne répondent plus à ses attentes.

« On commence à courir très jeune et, au fil des années, on développe une forme de dureté, mais elle se retourne aussi contre soi. On peut être très sévère avec soi-même et attendre beaucoup de soi. » explique-t-il.

Ne plus parvenir à retrouver son meilleur niveau et ne pas avoir pu terminer la saison ont nourri chez lui un sentiment d’humiliation. L’Australien reconnaît que ses apparitions publiques pouvaient masquer ce qu’il éprouvait réellement.

« Les gens me voyaient en public, passer un bon moment, prendre un verre ou autre. Mais je cachais vraiment ce que je ressentais au fond de moi : beaucoup de douleur et de tristesse. »

Son témoignage évoque aussi la disparition d’un horizon qui l’avait accompagné depuis l’enfance : gagner des courses et espérer se battre un jour pour le titre mondial. La fin de son parcours en F1 l’a contraint à envisager une vie qui ne serait plus structurée par cet objectif.

Une décision qu’il n’aurait peut-être pas prise seul

Avec le recul, Ricciardo reconnaît pourtant que la décision de son équipe lui a permis de sortir d’une situation qu’il aurait pu prolonger. Il s’interroge sur ce qu’il aurait fait si de nouveaux contrats avaient continué à lui être proposés.

Le doute n’était pas apparu uniquement à la fin de son passage chez Racing Bulls. Il se souvient notamment d’avoir confié à son entourage, après Monaco en 2022 lorsqu’il courait pour McLaren, qu’il ne voulait plus continuer. Il cite également Silverstone en 2015 parmi les moments où il avait ressenti le besoin de s’éloigner de la compétition.

Ces épisodes ne s’étaient pas traduits par un départ. Ricciardo souligne le rôle des encouragements de son entourage : sans mauvaise intention, assure-t-il, les voix persuadées qu’il pouvait encore réussir rendaient parfois plus difficile l’écoute de ses propres envies.

« Je n’aime toujours pas la façon dont cela s’est terminé, mais une partie de moi leur est reconnaissante d’avoir pris cette décision, parce que je ne voudrais plus faire cela aujourd’hui. »

Huit victoires qu’il peut désormais apprécier

Cette reconnaissance n’efface donc pas son désaccord avec les circonstances de son départ. Elle témoigne plutôt d’un changement dans sa manière de regarder sa carrière. Ricciardo dit pouvoir aujourd’hui mesurer ses accomplissements sans devoir immédiatement se concentrer sur la prochaine course.

Arrivé en F1 avec la modeste équipe de F1 HRT en 2011, l’Australien a remporté huit Grands Prix et signé 32 podiums au total. Ses succès à Monaco avec Red Bull et à Monza avec McLaren restent notamment associés aux moments forts de son parcours en catégorie reine.

Lorsqu’il pilotait encore, revenir sur ces résultats lui semblait presque incompatible avec l’obligation de rester mobilisé. Désormais, il peut les apprécier avec davantage de distance. Il précise ne pas avoir douté de sa légitimité à courir au plus haut niveau, tout en restant frappé par le chemin parcouru pour appartenir à un groupe aussi restreint.

Ricciardo ne précise pas encore s’il reprendra la compétition dans une autre discipline. Son propos porte avant tout sur la place qu’occupe désormais la F1 dans sa vie : une histoire dont la conclusion reste douloureuse, mais qu’il peut regarder avec fierté.

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Journaliste spécialisé en Formule 1 depuis 2014, j’ai couvert de nombreux Grands Prix et suivi l’actualité du paddock au plus près. J'écris désormais pour La Gazette F1 avec une priorité : proposer une information fiable, vérifiée et sourcée.

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