Alonso dénonce les risques pris en fond de grille, Albon lui répond

29 octobre 2026 à 22:37
Fernando Alonso dans le paddock de Mexico
© Aston Martin F1 Media

Fernando Alonso maintient ses critiques envers certains pilotes du fond de grille après son accrochage avec Alex Albon à Austin. À Mexico, le double champion du monde a dénoncé un manque de patience au premier tour et des incidents qu’il juge évitables. Le pilote Williams conteste, lui, son appréciation du niveau du plateau.

Le contact du Grand Prix des États-Unis n’a manifestement pas été oublié. Interrogé ce jeudi avant le Grand Prix du Mexique, Fernando Alonso a confirmé les reproches formulés après la course d’Austin, où sa confrontation avec Alex Albon avait endommagé les deux monoplaces dès le premier tour.

Le Thaïlandais tentait alors de dépasser l’Aston Martin pour la douzième place à l’épingle du virage 11. Les deux pilotes avaient pu poursuivre, sans recevoir de pénalité, avant de terminer seizième et dix-septième. Pour Alonso, cet épisode illustre surtout une manière d’aborder les départs qu’il estime trop agressive au regard des positions disputées.

« Le premier tour n’est pas la fin du monde »

« Je pense que c’est tout simplement un très faible niveau de pilotage et un manque de talent ». a lancé l’Espagnol à Sky Sports F1. Une appréciation particulièrement sévère, qu’il accompagne d’une critique des erreurs répétées et de leurs conséquences pour les autres concurrents.

« Quand vous multipliez les erreurs au cours de la saison, que vous avez des accidents et que 50 % de votre course se joue au premier tour, si j’étais directeur d’équipe, je ne serais pas content. Mais s’ils sont contents, cela me va. »

Alonso défend une approche plus patiente. Il cite notamment Max Verstappen et Lewis Hamilton, capables de remonter après un départ en retrait, pour souligner qu’une course ne se résume pas aux premiers virages. Son propos vise moins la volonté de dépasser que le moment choisi et le risque accepté pour y parvenir.

« Le premier tour n’est pas la fin du monde lorsque vous avez la confiance et le talent nécessaires pour attendre un ou deux tours de plus. »

Le coût des accrochages dans une saison difficile

L’Espagnol reconnaît toutefois que les difficultés ne viennent pas uniquement des pilotes. À ses yeux, les voitures du fond de grille offrent moins d’adhérence et un comportement moins rassurant, ce qui favorise les erreurs. Il distingue ainsi les limites d’une monoplace des contacts qu’il considère superflus.

Dans un championnat soumis au plafond budgétaire, il insiste également sur le coût matériel de ces incidents. Un aileron cassé ou une voiture endommagée ne compromet pas seulement le résultat du dimanche : cela représente aussi des dépenses pour des équipes dont les possibilités sont encadrées.

Alonso estime que la frustration d’une saison décevante ne doit pas se transformer en problème pour les concurrents. Il évoque notamment les difficultés face à un équipier, sans présenter cette explication comme un fait établi concernant Albon.

« Si vous ne faites pas une bonne saison, si votre équipier vous bat, tout ce que vous avez en tête peut apporter une frustration supplémentaire. Mais les autres pilotes et les autres équipes ne devraient pas en payer le prix. »

Il ne prévoit pourtant pas de porter le sujet lors de la réunion des pilotes du vendredi. Pour Aston Martin, sa réponse reste d’abord sportive : mieux se qualifier afin de quitter cette partie du peloton et de réduire l’exposition à ces situations.

Albon défend le niveau du plateau

Informé de ces déclarations en conférence de presse, Alex Albon a exprimé son désaccord sans remettre en cause le respect qu’il porte à Alonso, un pilote qu’il admirait lorsqu’il était enfant.

« Ce n’est pas agréable d’entendre ces commentaires. Vous faites la course contre quelqu’un que vous admirez, mais en même temps, je ne suis pas d’accord. C’est aussi simple que cela. »

Le pilote Williams estime au contraire que le niveau est élevé dans l’ensemble du peloton et que la seconde moitié de grille est plus compétitive qu’il y a dix ou quinze ans. Il affirme également que les « pilotes payants » n’y occupent plus la place qu’ils avaient auparavant.

Les deux hommes opposent donc des lectures différentes de la situation : Alonso réclame davantage de discernement dans les premiers tours, tandis qu’Albon refuse que l’accrochage d’Austin serve à déprécier les qualités des pilotes qui se battent loin des premières places.

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Journaliste spécialisé en Formule 1 depuis 2014, j’ai couvert de nombreux Grands Prix et suivi l’actualité du paddock au plus près. J'écris désormais pour La Gazette F1 avec une priorité : proposer une information fiable, vérifiée et sourcée.

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