Fernando Alonso retrouvera Alex Albon tout près de lui au départ du Grand Prix du Mexique ce dimanche, une semaine après leur accrochage à Austin et les critiques de l’Espagnol envers le pilote Williams. Éliminé en Q1 sur un problème de groupe motopropulseur, le double champion du monde figure au 17e rang de la grille de départ, juste derrière Albon, 16e.
Les deux pilotes ne seront donc pas sur la même ligne : Albon occupe la huitième, aux côtés de Carlos Sainz, et Alonso la neuvième, avec Ryō Hirakawa. Leur proximité dans la partie arrière du peloton donne néanmoins un relief particulier au départ de dimanche, à Mexico après une semaine marquée par leurs désaccords sur l’incident d’Austin.
Alonso retrouve la zone du peloton qu’il voulait éviter
Au premier tour du Grand Prix des États-Unis, Albon avait tenté de dépasser Alonso au virage 11. Le contact avait endommagé les deux monoplaces, notamment le plancher de l’Aston Martin. Aucun des deux pilotes n’avait été pénalisé et ils avaient terminé respectivement 16e pour Alonso et 17e pour Albon.
Après la course, l’Espagnol avait vivement reproché sa manœuvre au pilote Williams et mis en cause le niveau de certains concurrents de la partie arrière du peloton. Il estimait qu’Aston Martin devait gagner en compétitivité pour partir plus haut et limiter son exposition à ces situations.
Albon avait donné une autre lecture de l’accrochage, évoquant la présence d’Esteban Ocon à l’extérieur d’Alonso et le manque de place dans le virage. C’est donc dans ce contexte que les deux hommes vont de nouveau se retrouver très proches ce dimanche au départ de la course à Mexico.
Une panne interrompt les qualifications d’Alonso
Alonso espérait pourtant mieux qu’une place sur la neuvième ligne. Douzième des EL2 vendredi, à 0 s 769 de Charles Leclerc, il semblait pouvoir se mêler à la lutte dans le milieu de peloton. Il avait même occupé provisoirement la tête du classement au début de la Q1, avant que son équipe ne lui ordonne d’immobiliser sa voiture.
Aston Martin a évoqué un problème présumé de pression d’eau lié au système de récupération d’énergie, l’ERS. Alonso s’est arrêté peu avant l’entrée des stands, à faible distance de son garage, sans pouvoir poursuivre sa séance.
« J’étais à 100 mètres du garage, mais le problème était probablement trop important pour que l’on puisse faire quoi que ce soit au garage. Le plus sûr, aussi pour tous les autres en piste, était donc de s’arrêter, et j’ai suivi la consigne. » a-t-il expliqué après les qualifications.
Le résultat des qualifications le plaçait initialement 18e. La grille publiée ensuite le fait remonter au 17e rang après l’exclusion de Liam Lawson des résultats de la séance.
Une occasion perdue pour Aston Martin
Sans aller jusqu’à considérer la Q3 comme un objectif évident, Alonso estimait qu’une place autour de la douzième ou de la treizième position était envisageable. La panne l’a privé de la possibilité de confirmer la relative compétitivité observée aux essais.
« Ce serait probablement difficile, mais aux essais nous étions 12e, 13e, 11e, donc nous étions dans la bonne fenêtre. Avec un bon tour, c’était peut-être possible, mais c’était probablement trop optimiste. La 13e ou la 12e place correspondait peut-être à notre position aujourd’hui. »
L’Espagnol explique cette meilleure aisance par la faible sensibilité du tracé à la puissance dans les conditions rencontrées. Il souligne qu’en dehors des lignes droites menant aux virages 1 et 4, le manque d’adhérence limite les possibilités de rouler à pleine charge.
Une remontée compliquée dans le trafic
Partir à l’arrière pose un autre problème à Alonso : la gestion des températures en suivant les voitures qui le précèdent. À Mexico, il redoute de ne pas pouvoir rester suffisamment près de ses adversaires pour construire une remontée.
« Tout le monde a d’énormes problèmes de température. Quand on part à l’arrière, il n’y a aucun moyen de suivre les voitures de près. Il n’y a donc pas grand-chose que nous puissions faire, et je pense que nous avons perdu une grande occasion. Ma frustration dépasse l’imaginable. Mais c’est l’histoire de notre année. » a-t-il déploré.
Alonso se retrouve ainsi dans la situation qu’il souhaitait éviter après Austin : au cœur d’un groupe de voitures en fond de grille, avec Albon immédiatement devant lui dans l’ordre de départ. Son premier défi sera de traverser les premiers enchaînements sans perdre davantage de terrain, avant de chercher à exploiter les possibilités offertes par la course.



