Nico Rosberg se contente de sa relation neutre avec Hamilton

4 novembre 2026 à 18:39
Nico Rosberg et Lewis Hamilton sur le podium du GP du Japon en 2016
© Pirelli F1 Media

Dix ans après leur duel pour le titre mondial 2016, Nico Rosberg décrit une relation désormais apaisée avec Lewis Hamilton, mais sans retour à leur ancienne proximité. Dans le podcast officiel de la Formule 1, Beyond The Grid, l’Allemand revient sur le prix de cette rivalité et sur la retraite qu’il avait annoncée cinq jours après son sacre.

Ils avaient partagé les circuits de karting bien avant de se disputer le championnat du monde au volant d’une Mercedes. Devenus coéquipiers en 2013, Nico Rosberg et Lewis Hamilton ont ensuite passé quatre saisons dans le même garage. L’arrivée de la réglementation hybride, en 2014, a placé leur équipe au sommet et transformé leur confrontation en une lutte directe pour le titre.

Hamilton a remporté les championnats 2014 et 2015. Rosberg a pris sa revanche en 2016, avec cinq points d’avance au terme de la dernière course à Abu Dhabi. Cette saison avait aussi été marquée par leurs accrochages en Espagne, où les deux Mercedes avaient abandonné dès le premier tour, puis en Autriche, lors de leur duel dans le dernier tour.

Une relation « neutre », loin de leur amitié passée

La fin de leur collaboration a fait retomber la tension. Interrogé sur l’évolution de ses rapports avec Hamilton après son départ, Rosberg ne décrit toutefois pas une réconciliation qui aurait effacé leurs années de rivalité.

« Bien sûr. Tout finit par se détendre après cela. Aujourd’hui, ça va, c’est neutre. » confie l’Allemand dans le podcast Beyond The Grid.

À une comparaison avec le rapprochement entre Ayrton Senna et Alain Prost après leur rivalité, l’ancien pilote Mercedes apporte une réserve : les deux champions étaient, selon lui, véritablement devenus amis. Ce n’est pas ainsi qu’il définit sa relation actuelle avec Lewis Hamilton.

« Nous sommes simplement dans une relation neutre, et c’est bien ainsi. Nous ne serons plus jamais les meilleurs amis, vous savez ? »

Abu Dhabi 2016, une dernière épreuve jusqu’au drapeau à damier

Lors de la finale de 2016, Rosberg n’avait pas besoin de battre Hamilton pour remporter le championnat : une place sur le podium lui suffisait. En tête de la course, le Britannique avait volontairement réduit son rythme pour rapprocher les poursuivants de son coéquipier. Sebastian Vettel et Max Verstappen menaçaient ainsi la deuxième place de l’Allemand.

Mercedes avait demandé à Hamilton d’accélérer, sans obtenir le changement de rythme attendu. Rosberg rappelle que cette tactique mettait également en danger la victoire de l’équipe. Avec le recul, il reconnaît néanmoins la logique sportive de son rival, qui cherchait encore à renverser le championnat.

« C’est compréhensible dans cette situation : il n’allait pas simplement me l’offrir à ce moment-là. On essaie de rester dans la zone grise et de continuer à jouer le jeu. »

Rosberg avait conservé sa deuxième place et assuré son unique titre mondial. Il se souvient aussi des félicitations de Hamilton à l’arrivée, comme lui-même avait félicité son coéquipier après ses précédents titres. Reste le souvenir d’une fin de course qu’il qualifie d’« horrible sur le moment », mais qui a rendu son accomplissement plus savoureux avec les années.

Pourquoi Rosberg n’a pas voulu recommencer

Le 2 décembre 2016, cinq jours après la finale, Rosberg annonçait sa retraite. Champion du monde en titre, il renonçait à défendre sa couronne et laissait Mercedes chercher un remplaçant pour 2017. L’équipe avait finalement recruté le Finlandais Valtteri Bottas.

L’Allemand explique avoir consacré à cette campagne une énergie qu’il ne se voyait pas mobiliser de nouveau chaque saison. Il estime avoir atteint son meilleur niveau et ne regrette pas d’être parti après avoir réalisé son objectif.

« J’avais tout donné et réalisé mon rêve. […] J’étais à mon sommet, je le sais. » insiste-t-il.

Il présente cette décision comme un choix personnel difficile, et non comme une évidence au lendemain du titre. « C’était effrayant, vraiment effrayant. » raconte-t-il, tout en jugeant aujourd’hui qu’il avait pris la bonne décision. Aux fans qui auraient voulu voir le duel se poursuivre, il adresse également ses excuses.

Une annonce précipitée pour laisser du temps à Mercedes

Rosberg aurait préféré consacrer un mois à célébrer son championnat avant d’annoncer son départ. Cependant, l’Allemand affirme avoir accéléré le calendrier pour permettre à Mercedes de préparer la suite, conscient de la difficulté dans laquelle il plaçait l’équipe.

Toto Wolff avait accepté le caractère définitif de sa décision. Niki Lauda, alors président non exécutif de Mercedes, avait réagi avec davantage de colère, selon le récit de l’ancien pilote.

« Le plus important était de limiter les difficultés que je créais pour l’équipe, et de ne pas aggraver inutilement la situation. Je voulais les prévenir immédiatement, le plus vite possible, pour qu’ils aient le temps de me remplacer et de se réorganiser. »

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Journaliste spécialisé en Formule 1 depuis 2014, j’ai couvert de nombreux Grands Prix et suivi l’actualité du paddock au plus près. J'écris désormais pour La Gazette F1 avec une priorité : proposer une information fiable, vérifiée et sourcée.

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