Kimi Antonelli a disputé les derniers tours du Grand Prix du Mexique avec un moteur qui commençait à peiner et un carter d’huile fissuré. Bradley Lord, directeur adjoint de Mercedes, révèle que l’Italien est passé tout près de l’abandon avant de terminer troisième. L’étendue du problème n’est apparue qu’au démontage de la monoplace, après la course qui lui a permis de s’assurer le titre mondial 2026.
Le dimanche d’Antonelli aurait pu se terminer avant les célébrations sur le podium de Mexico. Troisième derrière Max Verstappen et Lewis Hamilton, le pilote Mercedes a franchi la ligne avec une W17 dont le plancher était couvert d’huile. C’est ce qu’a expliqué Bradley Lord dans le podcast High Performance Racing, en revenant sur les vérifications effectuées au retour de la voiture au garage.
Un carter fissuré découvert après le Grand Prix
« Nous avons récupéré la voiture après la course, retiré le plancher : il était couvert d’huile ! »
Le constat des mécaniciens a donné une explication aux difficultés ressenties par Antonelli en fin d’épreuve. Le responsable Mercedes rapporte que le pilote avait en effet commencé à percevoir un fonctionnement inhabituel du moteur à environ quatre tours de l’arrivée.
« Le carter était fissuré et Kimi a dit qu’à environ quatre tours de la fin, il avait commencé à sentir le moteur peiner. Il était donc vraiment à la limite de l’abandon dans cette course, mais la voiture a tenu. »
Antonelli a finalement bouclé les 71 tours et terminé à 4 secondes de Verstappen, avec 6,701 secondes d’avance sur Charles Leclerc, quatrième. Les premiers signes de faiblesse décrits par Lord sont donc survenus alors qu’il restait seulement quelques tours à parcourir pour conserver sa place sur le podium.
Mercedes avait souligné les difficultés de refroidissement à Mexico
Le week-end mexicain imposait déjà une préparation particulière aux motoristes. Situé à plus de 2 200 mètres d’altitude, l’Autódromo Hermanos Rodríguez soumet les monoplaces à un air moins dense, qui rend le refroidissement moins efficace. Les équipes doivent adapter leur voiture pour maintenir les freins et le groupe propulseur dans leurs plages de fonctionnement.
Le vendredi soir à Mexico, Andrew Shovlin, le directeur de l’ingénierie de piste, jugeait satisfaisante la manière dont la puissance était délivrée en sortie de virage par la W17, mais expliquait que l’équipe aurait souhaité disposer d’une marge de sécurité plus importante pour le refroidissement des freins et du groupe propulseur.
Shovlin précisait également que Mercedes avait pu effectuer des relais longs avec ses deux voitures et que les autres équipes semblaient, elles aussi, devoir gérer ces contraintes. Ces observations éclairent les conditions du week-end ; elles ne permettent toutefois pas d’attribuer la fissure du carter d’Antonelli à un problème de refroidissement.
Un abandon aurait privé Antonelli de son podium
La troisième place a rapporté 15 points à Antonelli, qui a quitté Mexico avec 380 unités. À 20 ans, et dans sa deuxième saison en Formule 1, il disposait dès lors d’une avance impossible à combler au cours des quatre derniers Grands Prix.
Il faut néanmoins distinguer son résultat du jour et sa situation au championnat. Avec Verstappen vainqueur, Hamilton deuxième et Russell derrière lui, un abandon n’aurait pas automatiquement repoussé l’attribution mathématique du titre. Même sans les 15 points de son podium, Antonelli aurait conservé 365 unités, contre 261 à Verstappen et 259 à Hamilton, alors que 100 points restent disponibles pour un pilote après Mexico.
En revanche, Mercedes aurait perdu une part importante de son résultat au championnat des constructeurs. Les 15 points d’Antonelli se sont ajoutés aux huit de Russell pour porter le total de l’écurie à 630 unités. Ferrari, qui a inscrit 30 points à Mexico, est revenue à 126 longueurs avant le déplacement au Brésil.
Mercedes n’a pas précisé si cet incident imposerait un changement d’élément avant le Grand Prix de São Paulo sur la monoplace de Kimi Antonelli. Il est bon de noter que l’écurie du constructeur allemand peut s’assurer le titre constructeurs ce week-end avec sa première balle de match au Grand Prix du Brésil.



