En Formule 1, les pilotes peuvent être soumis à un contrôle antidopage sans préavis, pendant un Grand Prix ou en dehors des compétitions. Le contrôle suit une procédure qui encadre chaque étape, de la notification du pilote à l’analyse des échantillons d’urine ou de sang en laboratoire. On vous explique tout.
Qui peut contrôler un pilote de Formule 1 ?
La Fédération internationale de l’automobile applique ses propres règles antidopage dans le cadre du Code mondial antidopage. La FIA peut organiser des contrôles, de même qu’une organisation nationale antidopage ou l’Agence mondiale antidopage (AMA), lorsqu’elle a compétence pour le faire. Le contrôle relève de l’autorité antidopage, avec des agents habilités à notifier le pilote et à recueillir les échantillons.
Les prélèvements peuvent avoir lieu en compétition ou hors compétition. Cette distinction a des conséquences sur les substances recherchées : certaines sont interdites en permanence, d’autres seulement en compétition. Le fait qu’un contrôle ait lieu avant les premiers essais ne suffit pas, à lui seul, à déterminer sa qualification réglementaire.
Comment les agents trouvent-ils les pilotes ?
La FIA constitue des groupes de sportifs soumis à des obligations de localisation. Les informations demandées varient selon le groupe. Pour les membres du groupe cible enregistré, elles comprennent notamment les lieux d’hébergement, les activités régulières, le calendrier des compétitions et un créneau quotidien de 60 minutes durant lequel le pilote doit pouvoir être trouvé à l’endroit déclaré. Ce créneau sert à garantir une possibilité de contrôle. Un prélèvement peut aussi intervenir à un autre moment.
Dans ce groupe, trois manquements aux obligations de localisation en douze mois, qu’il s’agisse de défauts de déclaration ou de contrôles manqués au sens du règlement, peuvent constituer une violation des règles antidopage. Un refus de se soumettre à un prélèvement après notification relève d’une disposition distincte.
Ce week-end avant le Grand Prix du Brésil 2026, le pilote Alpine Pierre Gasly a subi un contrôle antidopage. Le Français l’a révélé à certains médias dans le paddock d’Interlagos ce jeudi.
De la notification au laboratoire
L’agent indique au pilote qu’il a été sélectionné et lui explique ses droits et obligations. Le pilote peut demander à être accompagné par un représentant. Il doit se présenter pour le prélèvement et reste sous observation depuis la notification. Un délai peut être autorisé, par exemple pour une obligation médiatique ou des soins, à condition que la surveillance puisse être maintenue.
Le prélèvement peut porter sur l’urine, le sang ou les deux, selon le programme de contrôle. Pour un prélèvement urinaire, le pilote fournit l’échantillon sous observation (un agent accompagne le pilote aux toilettes). Il le répartit ensuite dans deux flacons, A et B, qu’il scelle. Les numéros des flacons sont consignés sur le formulaire. Le pilote peut y déclarer les médicaments et compléments pris récemment et signaler un problème rencontré pendant le contrôle.
Les échantillons sont acheminés sous scellés jusqu’au laboratoire accrédité par l’AMA. Un code permet au laboratoire de les identifier sans avoir accès au nom du pilote. Le suivi de chaque transfert permet de retracer la manipulation des flacons depuis le prélèvement.
Que se passe-t-il si le laboratoire détecte une substance interdite ?
Le laboratoire analyse d’abord l’échantillon A. Si l’analyse livre un résultat anormal, l’autorité responsable examine notamment l’existence d’une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques et les éventuels écarts à la procédure susceptibles d’expliquer le résultat. Le pilote est informé selon les règles de gestion des résultats. Il peut demander l’analyse de l’échantillon B et faire valoir ses observations dans le cadre de la procédure.
Le Code prévoit que le sportif est responsable des substances présentes dans son organisme. Pour établir une violation liée à la présence d’une substance interdite, il n’est pas nécessaire de démontrer une intention de se doper. Les circonstances du dossier peuvent en revanche influer sur les conséquences. La disqualification de résultats ou une suspension peuvent être prononcées selon le type de violation et les règles applicables.
Les médicaments sont aussi concernés
La Liste des interdictions de l’AMA distingue les substances et méthodes proscrites en permanence de celles qui le sont uniquement en compétition. Un pilote qui doit suivre un traitement contenant une substance interdite peut demander une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques. Cette autorisation repose sur des critères médicaux et une procédure définie. Une ordonnance et la déclaration du médicament lors du prélèvement ne valent pas, à elles seules, autorisation.
En sport automobile, la FIA rattache la lutte antidopage à l’équité sportive et à la sécurité. Une substance qui altère le jugement ou les réflexes peut exposer le pilote et les autres personnes présentes en piste. Les contrôles d’alcoolémie relèvent pour leur part d’un règlement distinct, prévu par l’annexe C du Code sportif international.
Quel est le dernier contrôle positif documenté en F1 ?
Les archives publiques consultées ne permettent pas d’identifier un dernier contrôle positif effectué dans le cadre du championnat du monde de Formule 1. Cependant, deux affaires concernant d’anciens pilotes de la discipline illustrent la distinction entre le parcours du pilote et le championnat dans lequel le prélèvement a eu lieu.
Tomáš Enge a disputé trois Grands Prix avec Prost en 2001. Son contrôle positif de 2002 a eu lieu au Hungaroring, lors de la manche de Formule 3000 disputée en marge du Grand Prix de Hongrie. La FIA l’a exclu du classement de cette course, ce qui lui a coûté le titre en F3000.
Le Français Franck Montagny, qui avait couru pour Super Aguri en F1 en 2006, a été contrôlé positif à la benzoylecgonine, un métabolite de la cocaïne, lors de l’ePrix de Putrajaya en novembre 2014. La commission antidopage de la FIA lui a infligé deux ans de suspension. Le prélèvement relevait du championnat de Formule E.
Bilan FIA-ITA 2025 : 146 prélèvements, dont 31 hors compétition
Le bilan 2025 couvre les activités menées par l’Agence internationale de contrôle (ITA) sous l’autorité de la FIA. Il porte sur le sport automobile et ne ventile pas les chiffres par championnat. Le document recense 160 contrôles achevés et 146 échantillons recueillis auprès de 124 sportifs de 38 nationalités. Il présente les contrôles et les échantillons comme deux indicateurs distincts, sans expliquer leur écart. La répartition hommes-femmes affichée est de 99 % et 1 %.
Sur les 146 échantillons, 115 ont été recueillis en compétition, soit près de 79 %, et 31 hors compétition, soit un peu plus de 21 %. Tous les prélèvements recensés étaient urinaires. Le bilan ne comptabilise aucun prélèvement sanguin dans ce périmètre en 2025.
L’ITA fait aussi état de huit demandes d’autorisation d’usage à des fins thérapeutiques. Trois ont été approuvées, deux étaient en attente et trois ont été retirées ou jugées inutiles. Côté prévention, le bilan recense 130 participants aux webinaires et 31 pays touchés par ces actions.
Les données ont été arrêtées au 19 mars 2026. La gestion des résultats ne faisait pas partie des missions déléguées à l’ITA dans ce bilan. Le document ne fournit donc aucun total de violations confirmées ni de sanctions prononcées.



