Le moteur Red Bull-Ford attire les regards, mais Laurent Mekies ne veut pas brûler les étapes. Le patron de Red Bull affirme qu’aucune discussion sérieuse n’est engagée pour fournir une troisième écurie, alors que des rumeurs évoquent Aston Martin.
L’intérêt existe ; un accord, lui, n’est pas à l’ordre du jour. Dans des propos rapportés par Sky Sports le 28 octobre 2026, Laurent Mekies reconnaît que les performances du groupe propulseur Red Bull-Ford ont retenu l’attention de plusieurs équipes. Il refuse toutefois d’y voir le signe d’une ouverture prochaine à un nouveau client.
Le Français distingue ainsi deux sujets souvent confondus : la curiosité suscitée par un projet et la capacité industrielle à prendre un engagement supplémentaire. Pour Red Bull, la priorité reste le développement du moteur et son exploitation avec les deux écuries déjà équipées.
Mekies dément des négociations sérieuses
Interrogé sur la possibilité de fournir une autre équipe, le dirigeant répond sans détour :
« Avons-nous des discussions sérieuses avec qui que ce soit pour fournir une autre équipe ? Non, nous ne pensons pas être prêts pour cela. »
Cette déclaration ne ferme pas définitivement la porte à de futurs clients. Mekies précise qu’il ne peut pas préjuger de la situation dans cinq ans. En revanche, il n’annonce aucun changement pour l’année à venir. Cette réserve ne constitue ni une promesse de fourniture ultérieure, ni un calendrier de négociations.
La priorité reste Red Bull et Racing Bulls
Le programme doit encore gagner en maturité. Mekies insiste sur les progrès à accomplir sur le groupe propulseur lui-même et sur son intégration dans la voiture avant d’envisager une troisième structure.
« Les gens se rendent compte que c’est un très bon moteur. Cependant, nous gardons les pieds sur terre. Nous pensons qu’il vaut mieux nous concentrer sur Red Bull et Racing Bulls. » explique-t-il.
Le fonctionnement des monoplaces en piste ne raconte pas tout du travail nécessaire en coulisses. Le patron de Red Bull décrit une mobilisation intense des équipes de Milton Keynes pour accompagner cette première saison et permettre aux deux écuries de rouler dans de bonnes conditions.
Le périmètre actuel correspond à celui présenté par Red Bull Ford Powertrains : le partenariat technique avec Ford, engagé en février 2023, porte sur le moteur destiné à Red Bull Racing et Racing Bulls à partir de 2026. Ford apporte notamment son expertise sur les systèmes hybrides, le moteur thermique, les batteries et les systèmes de contrôle.
Aston Martin : une hypothèse, pas un transfert annoncé
Sky Sports replace ces déclarations dans le contexte des interrogations autour d’Aston Martin et de Honda. Rien dans les propos de Laurent Mekies ne confirme cependant un accord avec l’écurie de Silverstone, ni même des négociations sérieuses en vue d’une fourniture.
Les difficultés d’un motoriste ne suffisent d’ailleurs pas à résumer la compétitivité d’une voiture. Lors de la conférence de presse du 23 octobre à Austin, Adrian Newey rappelait que l’évaluation de puissance du dispositif ADUO ne mesure pas, à elle seule, la performance globale du groupe propulseur une fois installé dans le châssis.
La position exprimée par Laurent Mekies est donc prudente : consolider le projet existant avant d’en élargir la portée. L’intérêt du paddock ouvre une perspective commerciale, mais Red Bull n’a, à ce stade, annoncé ni nouveau client ni échéance pour en accueillir un.



