Oscar Piastri estime avoir franchi un cap dans la compréhension de sa McLaren, après une saison 2026 marquée par les difficultés d’adaptation à la nouvelle voiture. En conférence de presse à Austin, l’Australien explique avoir dû remettre en cause des habitudes de pilotage qui faisaient sa force l’an dernier. Les progrès sont réels, assure-t-il, mais son niveau actuel reste loin de ses ambitions.
Pour Oscar Piastri, le début de redressement ne se mesure pas encore à un retour sur le podium. Il tient d’abord à une meilleure compréhension de sa voiture et à la possibilité de retrouver des repères après plusieurs mois difficiles. Avant le Grand Prix des États-Unis, le pilote McLaren a décrit le travail nécessaire pour adapter son pilotage à une monoplace qui ne répond plus comme celle de 2025.
Interrogé sur les récents propos de son patron, Zak Brown, qui estime avoir retrouvé le pilote qu’il connaît, Piastri reconnaît que cette version de lui-même a été difficile à retrouver pendant une partie de la saison.
« J’ai le sentiment que le dernier enchaînement de trois courses m’a clairement rapproché de là où je voulais être. Je ne suis certainement pas encore au niveau que je souhaite atteindre, mais je suis revenu dans la zone où je devrais me situer. » explique-t-il à Austin.
Des automatismes de 2025 devenus un handicap
Le contraste avec la saison précédente est important. Battu de 13 points par son coéquipier Lando Norris dans la lutte pour le titre mondial 2025, Piastri a entamé la campagne suivante par deux Grands Prix sans prendre le départ, en Australie puis en Chine. Il a ensuite retrouvé le podium au Japon et à Miami, sans parvenir à y remonter depuis.
Dans le même temps, Norris a remporté les courses de Hongrie et des Pays-Bas. Avant Austin, le Britannique compte 201 points contre 138 pour Piastri, soit un écart de 63 unités entre les deux hommes au classement des pilotes.
Pour l’Australien, les difficultés ne relèvent pas seulement des performances globales de l’équipe. Elles concernent aussi sa manière d’exploiter la voiture. Certains réflexes qui lui permettaient de faire la différence l’an dernier se révèlent désormais moins efficaces, voire pénalisants.
« Il y a eu beaucoup de travail sur la façon dont je m’adapte à la voiture, parce que les choses qui fonctionnaient souvent très bien pour moi à certains moments l’an dernier sont en quelque sorte celles qui me mettent en difficulté sur beaucoup de week-ends cette année. » détaille-t-il.
Piastri ne précise pas les caractéristiques techniques à l’origine de ce décalage. Ses explications décrivent néanmoins une remise en question de ses références de pilotage, plutôt qu’un simple ajustement ponctuel des réglages.
Une adaptation qui comporte aussi une dimension mentale
Modifier une méthode éprouvée ne se limite pas à changer une trajectoire ou une façon d’aborder un virage. Piastri insiste sur la difficulté de renoncer à des habitudes auxquelles il pouvait auparavant faire confiance.
« Quand on ne peut pas s’appuyer sur les choses sur lesquelles on veut normalement s’appuyer, c’est toujours difficile. Cela concerne l’adaptation elle-même, mais aussi le fait que, lorsqu’une chose fonctionne depuis longtemps, essayer de s’en éloigner représente presque un défi mental. » explique le pilote McLaren.
L’Australien évite toutefois de présenter les dernières courses comme la preuve que ses problèmes sont résolus. Après une erreur à Bakou qui l’a fait reculer du trio de tête à la treizième place, il a terminé sixième en Malaisie puis cinquième à Singapour. Des résultats encore éloignés de ses objectifs, mais qui accompagnent des sensations plus encourageantes.
« Ce n’est un secret pour personne que cette année a été difficile pour comprendre la voiture. Mais j’ai le sentiment que, ces dernières semaines, les choses ont commencé à mieux se mettre en place. Cela reste très difficile, mais nous trouvons une voie » souligne-t-il.
Le progrès qu’il décrit porte également sur sa capacité à identifier ce dont il a besoin pour aller plus vite. Comprendre quelles caractéristiques renforcer, et lesquelles atténuer, doit lui permettre de mieux orienter son travail avec l’équipe.
Il ne promet pas pour autant de solution rapide. Selon lui, les difficultés rencontrées cette saison ne peuvent pas être corrigées facilement, même si McLaren a essayé plusieurs approches.
Austin mettra à l’épreuve les forces et les limites de McLaren
Le Grand Prix des États-Unis offrira une nouvelle occasion de vérifier ces progrès. Piastri se montre cependant prudent sur les perspectives de la MCL40 au Circuit des Amériques, dont le profil ne correspond pas uniquement aux points forts de sa voiture.
« En général, les virages rapides sont les endroits où nous avons été les plus forts cette année, et les virages lents ceux où nous avons eu des difficultés. » résume-t-il.
Or le tracé d’Austin combine ces deux types de portions. Les enchaînements rapides peuvent permettre à McLaren d’exploiter ses qualités, tandis que les passages plus lents, dont certains se prolongent sur plusieurs virages, risquent de souligner ses limites.
Piastri annonce également la présence de quelques nouveautés sur la voiture, sans détailler les pièces concernées ni chiffrer le gain attendu. Il espère qu’elles contribueront à améliorer les performances, tout en rappelant que McLaren doit encore réduire son déficit face aux équipes qui l’entourent.
« Nous savons qu’il nous manque globalement un peu de performance par rapport aux équipes autour de nous, indépendamment de nos forces et de nos faiblesses. Mais j’espère que nous pourrons au moins exploiter certains de nos points forts ce week-end. » indique-t-il.
Pour Piastri, Austin doit donc permettre de prolonger un travail de reconstruction déjà engagé. Retrouver une voiture plus compréhensible constitue une étape ; revenir au niveau auquel il entend se battre en est une autre. L’Australien tient à distinguer les deux : son regain de confiance représente un signe de progrès, pas encore un aboutissement.





