Russell cherche à comprendre ses passages à vide chez Mercedes

29 octobre 2026 à 22:30
Le pilote Mercedes George Russell dans le paddock de Mexico
© Mercedes F1 Media

George Russell veut comprendre pourquoi il ne parvient plus à reproduire ses meilleures performances avec Mercedes. À Mexico, le Britannique a fait de la régularité sa priorité pour la fin de saison, alors que son coéquipier Kimi Antonelli se rapproche du titre mondial.

Comment passer d’une victoire à Bakou à une série de résultats aussi éloignés du potentiel montré ce week-end-là ? C’est la question que George Russell cherche à résoudre à l’approche du Grand Prix du Mexique. Interrogé ce jeudi en conférence de presse sur sa saison et sur la manière de battre Antonelli à l’avenir, le pilote Mercedes a surtout insisté sur la nécessité de retrouver ses propres repères.

Le classement donne la mesure du contraste entre les deux hommes : Antonelli arrive à Mexico avec 365 points, contre 242 pour Russell. Mais derrière ces 123 unités d’écart, le Britannique décrit un problème qu’il ne dit pas encore comprendre : l’amplitude inhabituelle de ses variations de performance.

Bakou, la preuve que la vitesse est toujours là

Sa victoire en Azerbaïdjan demeure son principal point de référence. Après une pole position obtenue avec huit dixièmes d’avance, Russell avait résisté à Max Verstappen pour s’imposer. Les trois Grands Prix suivants lui ont rapporté un abandon, une neuvième place puis une huitième place à Austin.

« Il est vraiment important pour moi d’essayer de gagner en régularité. Je n’ai jamais connu, dans ma carrière, une saison où mes performances ont autant fluctué. » a-t-il expliqué.

Russell refuse ainsi de considérer ses difficultés récentes comme la preuve d’une disparition de sa vitesse. Bakou lui fournit un contre-exemple concret. Son objectif consiste désormais à comprendre ce qui lui avait permis d’exploiter aussi efficacement sa monoplace, afin de retrouver ces conditions plus souvent.

« Je sais que c’est toujours là, parce qu’on ne peut pas réaliser des performances comme celle de Bakou si l’on a, soi-disant, perdu la main. Nous avons du mal à être performants suffisamment souvent. Nous ne savons pas pourquoi. » a-t-il poursuivi.

Ce constat laisse ouverte la question des causes. Russell n’a pas présenté, dans ces propos, d’explication unique permettant de relier ses meilleurs week-ends à ses courses les plus difficiles. La fiabilité et la performance constituent aussi deux sujets distincts : éviter un abandon ne suffit pas à expliquer comment retrouver le rythme nécessaire pour jouer la victoire.

Une préparation centrée sur ses propres sensations

Lorsqu’il lui a été demandé s’il avait élaboré un plan pour prendre le dessus sur Antonelli en 2027, Russell a ramené la discussion à son travail personnel. Il a notamment précisé qu’il travaillait avec un psychologue du sport depuis sept ans, y compris durant ses années les plus réussies en Formule 1. Cet accompagnement ne constitue donc pas une réponse nouvelle à ses difficultés de 2026.

Pour décrire son approche, le Britannique a préféré l’image du golfeur à celle du boxeur. Son raisonnement repose sur la préparation et l’exécution : en qualifications, le pilote doit avant tout réussir son propre tour, plutôt que répondre directement aux gestes d’un adversaire.

« Je ne regarde pas directement mon principal concurrent en me demandant : “Comment vais-je battre ce gars ?” Je me regarde plutôt dans le miroir en me demandant : “Que dois-je faire pour ne plus produire ces mauvaises performances ?” a-t-il détaillé.

Il cherche également à retrouver les sensations éprouvées dans la voiture lors de ses meilleures prestations. L’enjeu ne se limite donc pas à réduire un écart chronométrique avec l’autre Mercedes : il s’agit de disposer d’une méthode permettant de reproduire un niveau de performance déjà atteint.

Antonelli reste la référence, sans conflit déclaré

Cette démarche n’empêche pas Russell de reconnaître la supériorité de son coéquipier sur l’ensemble de la saison. Il affirme que les deux pilotes ont conservé une bonne relation, en soulignant qu’ils se sont relativement peu retrouvés en confrontation directe en piste.

« La vérité, c’est qu’il a été à un niveau supérieur au mien cette année », a-t-il reconnu.

À Mexico, où Antonelli peut décrocher sa première couronne, Russell aborde ainsi un chantier qui dépasse le seul résultat du dimanche. Les dernières courses doivent lui permettre de mieux comprendre ses variations de forme et de retrouver une continuité dans ses performances. Avant de construire une réponse à son coéquipier pour 2027, il lui faut identifier ce qui sépare encore ses journées les plus convaincantes de ses passages à vide.

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Journaliste spécialisé en Formule 1 depuis 2014, j’ai couvert de nombreux Grands Prix et suivi l’actualité du paddock au plus près. J'écris désormais pour La Gazette F1 avec une priorité : proposer une information fiable, vérifiée et sourcée.

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