McLaren arrive à Singapour avec davantage d’interrogations que de certitudes. Après deux week-ends compliqués à Bakou et Sepang, l’écurie britannique reconnaît dans un communiqué d’avant-course n’avoir été « que la quatrième force du plateau » lors des deux dernières manches et cherche désormais à comprendre pourquoi la MCL40 n’a pas exprimé tout son potentiel.
La situation est d’autant plus intéressante que Marina Bay ne semble pas, sur le papier, constituer le terrain idéal pour la monoplace de Lando Norris et Oscar Piastri.
Neil Houldey, directeur technique chargé de l’ingénierie appliquée chez McLaren, reconnaît que les caractéristiques du circuit singapourien pourraient exposer certaines faiblesses de la voiture.
« Notre voiture n’est peut-être pas aussi bien adaptée aux virages lents à 90 degrés que nous rencontrerons à Marina Bay. » explique-t-il.
Une déclaration particulièrement intéressante à l’approche d’un week-end où les équipes disposeront de très peu de temps pour corriger une mauvaise direction technique, notamment parce que Singapour sera le théâtre d’un week-end Sprint en F1 avec une seule séance d’essais libres avant les qualifications Sprint.
Le constat dressé par l’équipe est assez clair. Après une course de Madrid où McLaren estime que Lando Norris disposait d’une voiture capable de jouer la victoire avant qu’un incident ne l’en prive, les deux manches suivantes n’ont pas produit le même niveau de performance.
Entre Bakou et Sepang, McLaren considère avoir reculé jusqu’au rang de quatrième force et profite du très court intervalle avant Singapour pour analyser les raisons de cette baisse de régime.
Houdley estime toutefois que le problème ne vient pas nécessairement du potentiel intrinsèque de la MCL40.
« Nous ne pensons pas avoir pleinement exploité les performances disponibles dans la voiture lors des deux dernières épreuves. Il y a donc une opportunité d’analyser les données et de nous assurer que nous tirons tout ce que nous pouvons de la MCL40 à Singapour. »
Autrement dit, McLaren pense encore disposer de performance exploitable plutôt que d’avoir simplement été dépassée par ses adversaires.
Singapour ne devrait pas faciliter les choses
Le circuit de Marina Bay impose des contraintes très particulières. Les nombreux virages lents, certains à angle droit, exigent une excellente motricité et une monoplace capable d’absorber correctement les nombreuses bosses présentes sur le tracé, ainsi que les vibreurs.
À cela s’ajoute un autre problème majeur : la température. Malgré les séances disputées de nuit, chaleur et humidité restent importantes et obligent les équipes à surveiller de prés le refroidissement de nombreux composants.
« Nous savons que tout va chauffer, donc nous devons nous assurer que le refroidissement est correct, que ce soit pour le moteur, la boîte de vitesses, les freins ou même le pilote. » souligne Houdley.
McLaren devra également trouver un compromis entre deux besoins parfois contradictoires : conserver la voiture dans sa fenêtre aérodynamique idéale tout en obtenant un comportement suffisamment efficace sur les bosses et les vibreurs.
Peu de droit à l’erreur avec le format Sprint
Comme les autres équipes, McLaren devra en plus composer avec le dernier week-end Sprint de la saison à Singapour.
Une seule séance d’essais libres sera organisée avant les Qualifications Sprint vendredi, ce qui réduit considérablement le temps disponible pour tester différents réglages.
Dans ce contexte, le travail effectué avant même l’arrivée des voitures en piste prend une importance supplémentaire.
« Avec un temps de roulage limité pendant un week-end Sprint, la préparation avant l’événement devient encore plus importante. Nous arriverons avec un plan clair tout en restant capables de nous adapter aux changements de conditions, aux voitures de sécurité et aux incidents. »
Des ambitions élevées à Singapour
McLaren affiche malgré tout des ambitions élevées pour cette dix-septième manche de la saison 2026. L’écurie affirme vouloir gagner les deux courses du week-end et reste convaincue de la rapidité de sa monoplace.
Mais après deux manches où elle estime ne pas avoir exploité correctement son potentiel, l’enjeu sera surtout de vérifier si Bakou et Sepang n’étaient qu’un passage à vide.
« Nous voulons gagner les deux courses et nous savons que nous avons une voiture rapide, mais nous devons extraire toute sa performance. » insiste Neil Houldey.
Avec encore sept Grands Prix à disputer, McLaren estime que la bataille pour les places sur le podium reste totalement ouverte dans les deux championnats pilotes et constructeurs. Singapour devra donc permettre de savoir si l’équipe peut retrouver le niveau entrevu auparavant ou si les difficultés des deux dernières manches traduisent une évolution plus profonde de la hiérarchie en F1.
Au championnat constructeurs, McLaren occupe avant Singapour la troisième place avec 316 points. L’écurie britannique compte 18 unités d’avance sur Red Bull, quatrième avec 298 points, mais reste désormais loin de Ferrari, deuxième avec 405 points, et surtout de Mercedes, largement en tête avec 556 unités.





