Alonso : la meilleure équipe n’est pas toujours le bon choix pour un jeune pilote

5 novembre 2026 à 22:39
Le pilote Aston Martin Fernando Alonso dans le paddock d'Interlagos au Brésil
© Aston Martin F1 Media

Fernando Alonso explique qu’une équipe habituée à gagner n’est pas forcément le meilleur environnement pour chaque jeune pilote. Interrogé jeudi à Interlagos sur son rôle au sein d’A14 Management, le double champion du monde de F1 détaille un accompagnement qui tient compte du niveau, des ambitions et du caractère de chacun.

En parallèle de son engagement en Formule 1, Alonso participe à la préparation de carrières qui commencent parfois dès la sortie du karting. Au Brésil, une question sur les difficultés financières de l’accès au haut niveau et sur le travail de sa structure de management l’a conduit à décrire les décisions qu’il prend avec les jeunes pilotes.

L’Espagnol précise être très impliqué dans A14, où trois personnes travaillent à cet accompagnement. Son rôle consiste notamment à mettre son expérience et ses relations dans le sport automobile au service de leurs projets.

« Nous essayons d’aider les jeunes pilotes à trouver leur voie dans le sport automobile, de leur apporter les conseils et le soutien dont ils ont besoin, particulièrement dans la transition entre le karting et les catégories suivantes. »

Une équipe adaptée au pilote, pas seulement à son palmarès

Le passage à la monoplace impose d’abord de déterminer la catégorie dans laquelle un pilote pourra progresser. Alonso cite la Formule 4 et la Formule Régionale, dont le choix dépend du niveau atteint. La sélection de l’équipe demande ensuite de tenir compte de sa personnalité et de la pression qu’il est prêt à supporter.

« Tous les pilotes n’ont pas besoin de la même équipe. […] Certains, en raison de leur caractère et de leur personnalité, ont besoin d’une équipe espagnole ou d’une équipe qui a gagné l’année précédente, parce qu’ils peuvent gérer cette pression. D’autres ont le talent, mais ils ne peuvent pas être dans une équipe qui gagne parce que cela leur mettrait trop de pression. »

Alonso présente l’évaluation de ces besoins comme une partie de son travail : « Cela fait aussi partie de mon rôle, essayer de comprendre ce dont ils ont besoin. » 

Des ambitions qui ne se limitent pas à la Formule 1

Les carrières suivies par A14 ne poursuivent pas toutes le même objectif. Alonso évoque des pilotes qui veulent accéder à la F1, d’autres qui rêvent de remporter les 24 Heures du Mans et des profils engagés en rallye. Son expérience sert à orienter ces parcours et à identifier les interlocuteurs susceptibles de leur offrir une possibilité.

« Tous ont besoin de choses différentes et demandent des choses différentes. Mon rôle, à partir de mon expérience, est d’essayer de les guider et de contacter les équipes ou les personnes que j’ai rencontrées au cours de ma carrière, pour leur donner les possibilités de poursuivre leur rêve. »

Le pilote Aston Martin connaît lui-même plusieurs de ces disciplines. Outre ses titres en Formule 1, il a couru en endurance et disputé le Dakar. Il reste toutefois prudent sur les conditions qui permettent de transformer un projet en carrière professionnelle.

Le financement et le bon entourage restent déterminants

Interrogé sur le coût de la progression dans les catégories de formation, Alonso rappelle que la réussite dépend de plusieurs facteurs qui doivent se réunir.

« Le sport automobile est très exigeant. C’est un environnement très compétitif. Pour atteindre ses objectifs, il faut de la chance, être au bon endroit au bon moment, un soutien financier et un environnement d’équipe. » a ajouté l’Espagnol.

Le sujet avait également été abordé dans la première partie de la conférence par Gabriel Bortoleto. Le Brésilien soulignait le coût croissant du karting et des formules de promotion au moment où Rafael Câmara rejoint la grille de F1 pour son premier Grand Prix, à domicile.

Câmara dispose déjà d’un engagement avec Haas pour 2027. Pour ceux qui cherchent encore une place dans les catégories précédentes, Alonso décrit un travail plus en amont : choisir une discipline, trouver une équipe et réunir un entourage adapté avant de pouvoir envisager l’étape suivante.

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Directrice des publications sur La Gazette F1 et journaliste spécialisée en Formule 1. Forte de plusieurs années d'expérience, j'ai couvert de nombreux Grands Prix directement depuis les circuits et continue à écrire et à suivre l'actualité au plus près du paddock.

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