« C’est une question de mentalité » : Hamilton critique vivement Leclerc après Mexico

2 novembre 2026 à 13:42
Le pilote Ferrari Lewis Hamilton dans le garage de l'équipe à Mexico
© Ferrari F1 Media

Lewis Hamilton a vivement critiqué Charles Leclerc après le Grand Prix du Mexique, estimant que leur bataille du premier tour avait privé Ferrari d’une occasion de réaliser un doublé. Deuxième derrière Max Verstappen, le Britannique reproche à son coéquipier d’avoir privilégié leur duel au détriment de l’équipe. Il réclame des discussions internes et un changement dans leur manière de courir ensemble.

Le résultat final, avec Hamilton deuxième et Leclerc quatrième, ne correspondait pas aux attentes du pilote parti en pole position. En conférence de presse, il a insisté sur le potentiel de Ferrari et sur le travail accompli pour améliorer la monoplace, avant de mettre directement en cause les décisions prises par le Monégasque dans les premiers virages.

Un doublé possible selon Hamilton, une victoire pour Verstappen

Ferrari avait placé Hamilton en pole position et Leclerc au troisième rang des qualifications. Au premier tour, les deux Ferrari occupaient les deux premières places à l’approche du virage 4. En attaquant son coéquipier, Leclerc est sorti de la piste et a coupé par l’herbe avant de revenir en tête, sans restituer la position.

Les commissaires lui ont infligé cinq secondes de pénalité pour avoir quitté la piste et en avoir tiré un avantage durable. Hamilton, lui aussi passé au large, a perdu de l’élan dans cette séquence, permettant à Verstappen de le dépasser. La sanction de Leclerc a ensuite été purgée lors de son arrêt aux stands, ce qui a permis au pilote Red Bull de ressortir devant lui et de prendre la tête de la course.

Hamilton considère que le premier tour a été déterminant. Dans la conférence de presse d’après-course à Mexico ce dimanche soir, il a expliqué que Ferrari disposait, à ses yeux, des moyens de conserver les deux premières places.

« Nous avions la voiture pour gagner aujourd’hui. Malheureusement, nous avions même la voiture pour faire assez facilement premier et deuxième, mais à cause des deux premiers virages, cette possibilité s’est envolée. Ensuite, nous avons pratiquement offert la course à Max, et tout ce qu’ils avaient à faire, c’était de rester devant nous, ce qu’il a bien fait. »

L’affirmation d’un doublé à portée de main relève de l’analyse de Hamilton. Elle ne signifie pas que le résultat était assuré : Verstappen a lui-même décrit une course difficile, pendant laquelle il a dû défendre sa position jusqu’à l’arrivée. Il a néanmoins reconnu qu’il n’avait pas eu le rythme pour suivre Leclerc dans la première partie du Grand Prix.

Hamilton reproche à Leclerc de ne pas avoir rendu la position

Lewis Hamilton a ensuite évoqué les consignes discutées lors du traditionnel briefing des pilotes à propos des sorties de piste au premier virage. Il estimait que Leclerc aurait dû rendre la position plutôt que poursuivre la course dans cet ordre.

« Lors du briefing des pilotes, nous avons discuté du fait que, dès que l’on sort au virage 1, il faut rendre la position. Mais l’an dernier, j’avais reçu dix secondes de pénalité pour la même manœuvre que celle qu’il a faite. Au final, c’est cela qui nous a coûté la victoire aujourd’hui, et je pense que nous devons avoir de sérieuses discussions en interne. »

À un journaliste lui demandant s’il avait été surpris de ne pas voir Leclerc lui restituer la place, il a répondu qu’à ce stade, le problème était déjà plus large, puisque Verstappen s’était intercalé. Il a également souligné la difficulté à dépasser à Mexico, qui a renforcé l’importance de la position en piste.

« Travailler en équipe fait partie de notre contrat »

Au-delà du règlement sportif, Hamilton a insisté sur les obligations collectives des pilotes Ferrari. Il considère que les décisions prises au volant doivent tenir compte du personnel qui prépare et développe les voitures.

« La chose essentielle à retenir, ce qui vient peut-être avec l’âge, c’est que chaque décision que l’on prend dans la voiture a un impact sur toutes les personnes qui travaillent en coulisses pour l’ensemble de l’équipe. Travailler en équipe fait donc partie de notre travail et de notre contrat. Nous aurions facilement pu le faire aujourd’hui. »

Le septuple champion du monde estime aussi que la situation ne se réglera pas sans intervention : « Cela continuera tant que des mesures ne seront pas prises, tant qu’une véritable discussion approfondie et sérieuse n’aura pas lieu. Cela ne devrait donc plus se produire à l’avenir. […] Ces discussions ne seront certainement pas faciles, mais elles doivent avoir lieu. »

« Je ne pense pas que ce soit une question d’âge »

Interrogé pour savoir s’il pensait que l’expérience de Leclerc, âgé de 28 ans, a joué un rôle ce dimanche, Hamilton a écarté l’idée que l’âge du Monégasque puisse expliquer, à lui seul, sa manière d’aborder ces affrontements.

« Il a 28 ans, donc je ne pense pas que ce soit une question d’âge. Je pense que c’est une question de mentalité. C’est un peu : “Soit je gagne, soit aucun de nous ne gagne”, et cela ne devrait pas être le cas. Nous devrions chercher à obtenir ce doublé. »

Pour expliquer son reproche, le Britannique a évoqué des duels entre Leclerc et Carlos Sainz qu’il observait lorsqu’il courait encore pour Mercedes. Selon lui, leurs affrontements avaient parfois permis à un adversaire de s’échapper. Il distingue toutefois les conséquences d’une lutte pour les places d’honneur de celles d’un duel entre deux voitures qui occupent les premières positions.

« C’est une chose lorsque cela se produit pour les quatrième et cinquième places. C’en est une autre lorsque l’on est premier et deuxième et que l’on perd la victoire. C’est important. »

Le précédent de Monza et l’absence de règles d’engagement

Un journaliste a rappelé que Hamilton avait déjà demandé des règles d’engagement écrites après Monza. Relancé sur ce point, le pilote Ferrari a déclaré que l’équipe ne disposait pas de telles règles et qu’un changement était nécessaire.

« Nous n’avons pas de règles d’engagement, et je ne sais pas si cela changerait quoi que ce soit du côté de Charles. Nous devons trouver une solution, mais quelque chose doit changer, c’est certain. »

Interrogé sur ses expériences chez Mercedes, notamment lors de sa rivalité avec Nico Rosberg, il a reconnu avoir traversé des périodes plus difficiles. Il a aussi indiqué que Frédéric Vasseur faisait de son mieux et lui avait parlé avant la course.

« J’ai connu des moments bien pires chez Mercedes. Il y a eu des périodes vraiment difficiles. […] Je pense que cela avait été bien géré chez Mercedes et que Fred fait de son mieux. »

Hamilton dit avoir privilégié Ferrari à Silverstone

Pour illustrer la retenue qu’il attend d’un coéquipier, Hamilton a cité sa propre approche à Silverstone. Il estime qu’il aurait pu prendre davantage de risques contre Leclerc, au prix d’un résultat collectif potentiellement compromis.

Il a expliqué avoir préféré préserver le résultat de Ferrari plutôt que tenter une attaque susceptible de faire perdre la victoire à l’équipe.

Le Britannique ne conteste pas le principe d’une compétition entre coéquipiers. Il reconnaît que les pilotes ne peuvent pas toujours prendre la bonne décision, mais considère que Ferrari aurait dû mieux gérer cette situation compte tenu de sa position en tête de course.

Une frustration renforcée par les progrès de Ferrari

Hamilton a insisté sur les améliorations apportées à la monoplace et sur les efforts du personnel de l’usine. C’est précisément parce qu’il estimait la voiture capable de gagner que le résultat lui a paru difficile à accepter.

Ferrari a finalement inscrit 30 points, avec les deuxième et quatrième places, contre 43 pour un doublé dans le barème actuel. Cet écart de 13 points mesure ce qu’aurait rapporté le résultat espéré par Hamilton ; il ne constitue pas la preuve qu’ils ont tous été perdus du seul fait de Leclerc.

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Journaliste spécialisé en Formule 1 depuis 2014, j’ai couvert de nombreux Grands Prix et suivi l’actualité du paddock au plus près. J'écris désormais pour La Gazette F1 avec une priorité : proposer une information fiable, vérifiée et sourcée.

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