Aston Martin : Newey fait le point sur Honda et les perspectives pour 2027

24 octobre 2026 à 11:12
Aston Martin : Newey fait le point sur Honda et les perspectives pour 2027
© Aston Martin F1 Media

Adrian Newey assure qu’Aston Martin progresse dans son organisation malgré une saison 2026 difficile. Interrogé vendredi en conférence de presse à Austin, le patron de l’écurie britannique a toutefois reconnu que Honda n’avait pas réalisé tous les progrès espérés sur son groupe propulseur, tout en réaffirmant sa confiance dans le constructeur japonais.

Les résultats restent décevants, mais Adrian Newey décrit une équipe en pleine évolution en coulisses. À l’occasion du Grand Prix des États-Unis, le dirigeant d’Aston Martin a distingué deux réalités : les difficultés persistantes de l’AMR26 en piste et le travail engagé à Silverstone pour améliorer le fonctionnement de l’écurie.

Après un rendez-vous de Singapour décevant, Fernando Alonso et Lance Stroll ont terminé respectivement douzième et treizième des premiers essais libres à Austin ce vendredi. Ces positions ne permettent pas, à elles seules, de mesurer les progrès du projet. Adrian Newey insiste surtout sur les changements qu’il observe au sein des bureaux d’études.

Newey décrit une nouvelle dynamique chez Aston Martin

« Je pense que nous faisons d’énormes progrès. On a vraiment le sentiment, maintenant, que l’équipe commence à former un ensemble. L’esprit d’équipe, en particulier dans les bureaux d’études, est désormais très fort. » a expliqué Adrian Newey.

Le Britannique met en avant une circulation plus fluide des idées et une implication croissante des ingénieurs. « On voit beaucoup d’idées émerger, beaucoup de personnes discuter entre elles, travailler tard le soir. On sent désormais cette effervescence à l’usine. »

Son constat porte donc d’abord sur la manière de travailler. Il ne s’agit pas encore de l’annonce d’un gain chiffré sur la piste, mais d’un changement de dynamique qu’il considère comme essentiel pour construire la suite.

Des similitudes avec ses débuts chez Red Bull

Invité à comparer la situation actuelle à celle qu’il avait découverte en arrivant chez Red Bull [son ancienne équipe, ndlr], Newey a reconnu plusieurs points communs. Dans les deux cas, il décrit des structures dont l’histoire a été marquée par des changements de propriétaires et de dirigeants.

« Je pense qu’il existe effectivement beaucoup de parallèles entre mes débuts chez Red Bull et mes débuts chez Aston Martin. Ce sont deux équipes qui, au fil de leur histoire, ont connu pas mal de bouleversements, avec des changements de propriétaires, de cadres dirigeants, etc. »

La priorité consiste, selon lui, à rapprocher les différents services : « Il s’agit ensuite vraiment de faire travailler tout le monde ensemble, de décloisonner et d’améliorer la culture de l’équipe. Et c’est exactement la même chose cette fois encore. »

Cette comparaison ne constitue pas une promesse de reproduire les succès obtenus chez Red Bull. Elle éclaire surtout la méthode de Newey, qui place la coopération entre les départements au centre du redressement.

Honda en retrait par rapport au point de départ de 2019

Le chantier concerne aussi le motoriste. Newey, qui a déjà travaillé avec Honda chez Red Bull, conserve sa confiance dans son partenaire tout en dressant un bilan lucide de sa situation actuelle.

« Honda travaille évidemment dur. C’est une grande entreprise, comme nous le savons tous, capable de grandes choses, comme elle l’a prouvé à de nombreuses reprises. Nous travaillons étroitement avec eux, donc nous avons de l’espoir pour l’avenir. »

Il admet néanmoins que le niveau atteint cette saison est inférieur à celui qu’avait trouvé Red Bull au début de son partenariat avec Honda en 2019. « En toute honnêteté, Honda est actuellement un peu en retrait par rapport au niveau qui était le sien lorsque Red Bull, en tant qu’équipe d’usine, a commencé à travailler avec eux en 2019. »

Newey rappelle toutefois qu’à cette époque, le constructeur japonais disposait déjà de plusieurs saisons d’expérience depuis son retour en 2015. Il présente ainsi la campagne actuelle comme une nouvelle phase d’apprentissage, sans minimiser les difficultés rencontrées.

La visite de Lawrence Stroll chez Honda était programmée

Le déplacement de Lawrence Stroll au Japon après le Grand Prix de Singapour a également été évoqué en conférence de presse. Interrogé sur les éventuelles assurances obtenues auprès de Honda pour 2027, Adrian Newey a d’abord tenu à préciser le cadre de cette rencontre.

« Tout d’abord, il s’agissait d’une réunion programmée. Entre Honda et Aston Martin, il existe ce que l’on appelle des réunions de hauts dirigeants, qui sont prévues tous les deux ou trois mois. C’était l’une d’entre elles. Les autres, dont moi-même, y ont participé en ligne. »

Newey présente donc ce rendez-vous comme un échange régulier entre les deux partenaires. Sa réponse ne permet pas de le qualifier de réunion d’urgence convoquée après les difficultés rencontrées à Singapour comme ont pu le rapporter certains médias ces derniers jours.

Sur le fond, le Britannique n’a annoncé aucun engagement chiffré concernant les performances du prochain groupe propulseur. Il met en avant l’activité de développement chez Honda, tout en soulignant que plusieurs travaux n’en sont encore qu’à leurs débuts.

« Pour 2027, comme nous en avons parlé plus tôt, il y a beaucoup d’énergie chez Honda et des projets en cours qui sont peut-être encore à un stade précoce de développement, mais nous les trouvons très prometteurs. »

Cette confiance s’accompagne d’une réserve explicite :  « Il est trop tôt pour se prononcer précisément sur le niveau du groupe propulseur au début de la saison, et pour dire s’il y aura ensuite, à supposer que cela soit autorisé dans le cadre du PUAC, un développement supplémentaire à l’occasion de la huitième course, à la fin de la première période. »

Un déficit qui ne se résume pas à la puissance

Interrogé sur la répartition des responsabilités entre le châssis et le moteur, Adrian Newey s’est gardé de livrer une estimation publique. Il a souligné que les indicateurs de puissance ne suffisaient pas à décrire l’efficacité de l’ensemble une fois le groupe propulseur installé dans la monoplace.

« Il y a beaucoup d’autres facteurs qui se combinent pour déterminer la performance globale du groupe propulseur intégré au châssis. » a-t-il rappelé, en invitant à examiner les données GPS pour mieux comprendre les écarts.

Il n’a donc pas confirmé de ventilation précise des pertes de performance. De même, questionné sur un éventuel décalage entre les progrès constatés au banc d’essai et ceux observés en piste, il a invoqué la protection de la propriété intellectuelle de Honda et d’Aston Martin pour ne pas entrer dans les détails.

Des progrès encore insuffisants, mais des projets prometteurs

Newey reconnaît que le bilan de Honda reste en deçà des attentes du constructeur lui-même. « Je pense qu’il est juste de dire que Honda a probablement été un peu déçu par l’ampleur des progrès qu’il a réussi à accomplir cette année. »

Il assure cependant que cette déception renforce la détermination de son partenaire. « Ces choses ne changent pas du jour au lendemain, mais ils disposent de beaucoup de personnes compétentes et de nombreux processus solides sont désormais en place. »

À Austin, le message est donc prudent : Aston Martin et Honda n’annoncent pas de solution immédiate à leurs difficultés, mais Newey estime que les bases du travail à venir se consolident. « Il y a beaucoup d’énergie et des projets en cours, qui sont peut-être encore aux premiers stades de développement, mais dans lesquels nous voyons beaucoup de potentiel. »

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Directrice des publications sur La Gazette F1 et journaliste spécialisée en Formule 1. Forte de plusieurs années d'expérience, j'ai couvert de nombreux Grands Prix directement depuis les circuits et continue à écrire et à suivre l'actualité au plus près du paddock.

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