Red Bull devra patienter avant de profiter de sa nouvelle soufflerie

31 octobre 2026 à 11:28
La Red Bull RB22 du Français Isack Hadjar sur le circuit de Mexico en 2026
© Getty Images/Red Bull Content Pool

Red Bull ne devrait pas profiter de sa nouvelle soufflerie dès le début de la saison 2027. À Mexico, Laurent Mekies a expliqué que l’installation n’était pas encore prête et que son calendrier de mise en service dépendrait du travail de calibration. Ses premiers apports sont attendus, selon lui, pour la deuxième partie du développement de la monoplace 2027, puis pour l’essentiel de celle de 2028.

Interrogé vendredi lors de la conférence de presse des représentants d’équipes à Mexico, le directeur de Red Bull a précisé la portée d’un investissement important pour le département aérodynamique. L’écurie doit remplacer un outil vieillissant, sans pouvoir encore fixer la date à laquelle le nouveau sera pleinement exploitable.

Une mise en service encore sans date précise

« Elle n’est pas encore prête. Elle sera mise en service à un moment de la saison prochaine. Au premier, au deuxième ou au troisième trimestre ? Nous verrons. » a indiqué Laurent Mekies.

Le Français a insisté sur les étapes qui séparent l’achèvement de l’installation de son utilisation pour le développement des voitures. Le calendrier dépendra du temps nécessaire pour la mettre en route et terminer sa calibration.

Sur les monoplaces qui devraient en bénéficier, sa prévision reste prudente : « Très probablement pour la deuxième partie de la voiture 2027 et, nous l’espérons, pour l’essentiel de la voiture 2028. »

La préparation du début de saison 2027 devra donc encore s’appuyer sur les moyens actuels. Les propos de Mekies ne signifient pas que Red Bull attendra 2028 pour tirer un premier bénéfice du projet, mais ils excluent l’idée d’un outil immédiatement disponible pour concevoir l’ensemble de la prochaine monoplace.

Un équipement ancien qui a accompagné les succès de Red Bull

Red Bull utilise actuellement la soufflerie de Bedford. L’ancienneté de cette installation est régulièrement évoquée lorsqu’il est question des moyens de développement de l’équipe. Mekies reconnaît lui-même qu’il s’agit « très probablement de la plus ancienne du plateau », tout en rappelant qu’elle a permis de produire des résultats remarquables ces dernières années.

Le directeur de l’écurie ne présente donc pas ce matériel comme un obstacle ayant empêché toute réussite. Il attend en revanche davantage de possibilités d’une installation conçue selon des standards plus récents.

« Si l’on passe à une installation de pointe, et que l’équipe a vraiment essayé de concevoir puis de réaliser quelque chose qui nous replace au premier rang dans ce domaine, on en attend évidemment un avantage compétitif. » a-t-il expliqué.

Pourquoi la calibration est une étape essentielle

La soufflerie sert à étudier l’écoulement de l’air autour d’une maquette de la monoplace et à évaluer différentes solutions aérodynamiques avant leur fabrication pour la piste. Red Bull indique notamment utiliser des modèles à l’échelle de 60 %. Cet outil complète les simulations numériques et les données recueillies lors du roulage.

Pour les ingénieurs, la valeur des mesures dépend de leur fiabilité : les résultats doivent permettre d’anticiper le comportement de la voiture réelle. La calibration consiste à vérifier et ajuster le fonctionnement de l’installation et de ses instruments. Le travail de corrélation permet ensuite de comparer les différents moyens d’essai et les observations en piste.

Il faut également transformer les enseignements obtenus en pièces, les produire puis les tester sur la monoplace. L’ouverture d’une soufflerie et l’arrivée d’un gain de performance en course correspondent donc à deux échéances différentes.

Mekies l’a d’ailleurs souligné : « Cela ne se produira pas dès que nous aurons tout mis en route, mais cela va certainement ouvrir du potentiel et donner aux personnes talentueuses de notre département aérodynamique une autre façon d’exprimer leurs idées. »

Un investissement pour retrouver les deux titres

Ce chantier s’inscrit dans une période de reconstruction technique pour Red Bull. Au cours de la même conférence, Mekies a décrit une première partie de saison 2026 difficile, tant du côté du châssis que du groupe propulseur. Il a salué la réaction des équipes dirigées par le Français Pierre Waché pour le châssis et Ben Hodgkinson pour le moteur.

La nouvelle soufflerie doit soutenir ce travail sur la durée. Mekies n’a toutefois avancé aucun gain chiffré au tour et son calendrier reste conditionné à la mise au point de l’installation.

« L’objectif n’est pas de gagner une course ou deux. L’objectif est de retrouver les deux titres mondiaux et, tant que nous n’y serons pas, personne n’aura le sentiment d’avoir accompli quoi que ce soit. » a-t-il rappelé.

Pour Red Bull, l’enjeu sera donc d’assurer la transition entre les deux outils sans interrompre le développement des voitures. La soufflerie représente un moyen supplémentaire pour ses ingénieurs, dont les effets devront se construire au fil des essais et des évolutions.

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Directrice des publications sur La Gazette F1 et journaliste spécialisée en Formule 1. Forte de plusieurs années d'expérience, j'ai couvert de nombreux Grands Prix directement depuis les circuits et continue à écrire et à suivre l'actualité au plus près du paddock.

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