Cadillac privilégie déjà 2027 et prépare l’ouverture de son usine moteur

24 octobre 2026 à 12:46
Cadillac privilégie déjà 2027 et prépare l’ouverture de son usine moteur
© Cadillac F1 Media

Cadillac a arrêté le développement de sa monoplace 2026 et utilise désormais une partie de son roulage pour préparer la saison prochaine. Vendredi à Austin, Marcin Budkowski a reconnu que les enjeux sportifs immédiats restaient limités pour la nouvelle écurie. En parallèle, le projet de moteur General Motors avance, avec une inauguration de la nouvelle usine prévue juste avant Noël.

Pour Cadillac, les dernières courses de la saison doivent surtout servir à construire la suivante. En conférence de presse du Grand Prix des États-Unis, Marcin Budkowski a exposé une stratégie dans laquelle l’apprentissage collectif prend le pas sur la recherche de développements destinés à améliorer immédiatement la voiture actuelle.

Le patron de l’écurie ne renonce pas à obtenir des résultats. Il reconnaît en revanche que, compte tenu de la situation de Cadillac, le bénéfice le plus important à retirer du temps passé en piste se mesurera aussi en 2027.

Le développement de la Cadillac 2026 est arrêté

À Austin, les pièces apportées ne répondent plus uniquement aux besoins du week-end américain. Une partie du programme sert à explorer des solutions pour la prochaine monoplace, tandis que l’équipe élargit sa compréhension des réglages disponibles.

« Nous avons arrêté le développement de la voiture de cette année. Nous avons apporté ici des pièces qui servent davantage à des essais pour la voiture de l’année prochaine, que nous testons sur la voiture de Colton. » a expliqué Budkowski.

Le dirigeant fait référence au roulage de Colton Herta lors des EL1. Sur la voiture de Valtteri Bottas, le travail porte également sur des essais de réglages exploratoires, sans lien direct avec la seule recherche de performance pour cette course.

Le circuit devient ainsi un outil de préparation : l’objectif est d’identifier les réactions de la voiture et de recueillir des informations exploitables par les ingénieurs pour la suite du projet.

« Nous ne sommes pas en lice pour grand-chose »

Budkowski assume clairement ce choix. Pour une structure qui dispute sa première saison en Formule 1, chaque séance permet de développer des méthodes et des réflexes que ses concurrentes ont construits au fil des années.

« Chaque tour, chaque séance, chaque course est une occasion d’apprendre, et nous essayons d’en tirer le meilleur parti. Bien évidemment, en course, nous voulons obtenir le meilleur résultat possible à chaque course, mais nous sommes également conscients que nous ne sommes pas en lice pour grand-chose à l’heure actuelle. »

Il précise donc la priorité : « La meilleure utilisation du temps que nous passons sur la piste est d’accroître les connaissances et l’expérience collectives de l’équipe et de les mettre à profit l’année prochaine. »

Ce discours ne signifie pas que Cadillac considère les courses restantes comme inutiles. Il traduit plutôt un arbitrage : consacrer ses moyens à des enseignements durables, alors que le développement de la monoplace actuelle est terminé.

Une équipe qui doit encore apprendre

Le chantier dépasse la technique de la voiture. Marcin Budkowski décrit une organisation composée de collaborateurs venus d’autres écuries, mais qui n’avaient pas encore conçu une monoplace ensemble, et de salariés découvrant les exigences particulières de la F1.

« Nous devons progresser partout. Nous sommes une nouvelle équipe composée de personnes venant de différentes écuries de F1, mais qui n’ont jamais travaillé ensemble sur la conception d’une voiture. » souligne-t-il.

Il estime également que Cadillac compte probablement la plus forte proportion de collaborateurs sans expérience préalable dans la discipline.

La priorité du dirigeant a donc été de mieux hiérarchiser les besoins. « Pour être honnête, cela ne m’a pas pris deux mois ; il m’a fallu deux semaines pour me rendre compte que certains domaines méritent davantage d’attention. Attention, je ne dis pas qu’ils ont été négligés. »

Marci Budkowski rappelle que l’équipe a dû concevoir sa première voiture tout en recrutant et en mettant en place sa structure. L’étape suivante consiste donc à concentrer les ressources humaines et financières sur les projets susceptibles d’apporter le plus de progrès.

Une nouvelle usine moteur inaugurée avant Noël

À plus long terme, Cadillac prépare une transformation majeure : passer du statut d’écurie cliente de Ferrari à celui d’équipe disposant de son propre groupe propulseur. La formation américaine utilise actuellement une motorisation Ferrari, tandis que General Motors développe le futur moteur du projet.

Budkowski a indiqué avoir visité les installations de GM Motorsports lors d’une étape à Charlotte avant de rejoindre Austin. Il a pu voir le site provisoire consacré au groupe propulseur ainsi que la nouvelle usine en construction.

« Son inauguration aura lieu juste avant Noël. Des installations vraiment impressionnantes et, une fois de plus, une preuve de l’ambition de l’écurie Cadillac F1 et de General Motors de devenir une écurie d’usine à part entière d’ici la fin de la décennie. »

L’ouverture de cette infrastructure, attendue à la fin de l’année 2026, ne correspond donc pas à l’arrivée immédiate d’un moteur GM dans la Cadillac. Elle constitue une étape du programme industriel destiné à préparer cette transition.

Du moteur Ferrari au futur groupe propulseur GM

GM Performance Power Units, la société créée par TWG Motorsports et General Motors pour ce programme, a obtenu en 2025 l’approbation de la FIA comme fournisseur de groupes propulseurs à compter de 2029. Ce jalon donne un cadre au projet, mais Budkowski souligne à Austin que son calendrier reste lié aux décisions réglementaires.

« Nous sommes conscients des incertitudes qui planent sur le calendrier et nous collaborons activement avec la FIA et la F1 sur le prochain cycle réglementaire, car, évidemment, nous sommes une partie prenante. »

Il confirme néanmoins l’ambition : « Nous allons construire un moteur et gérer une écurie d’usine, mais nous sommes également convaincus qu’il est essentiel de disposer du groupe motopropulseur adapté à la Formule 1. »

La préparation de 2027 et la construction de l’usine moteur répondent ainsi à deux échéances distinctes. La première doit permettre à Cadillac de tirer parti de l’expérience accumulée lors de sa saison de débuts. La seconde doit lui donner, à terme, la maîtrise de son propre groupe propulseur, en complément de son travail sur le châssis.

Pour rappel : Cadillac est la seule écurie de la grille à ne pas avoir inscrit le moindre point depuis le début de la saison 2026 avant le Grand Prix des États-Unis.

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Journaliste spécialisé en Formule 1 depuis 2014, j’ai couvert de nombreux Grands Prix et suivi l’actualité du paddock au plus près. J'écris désormais pour La Gazette F1 avec une priorité : proposer une information fiable, vérifiée et sourcée.

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